09.01.2007
Nicolas Sarkozy prépare sa grand messe d'intronisation.
© Reuters
lundi 8 janvier 2007, mis à jour à 17:58
L'UMP réunira dimanche au Parc des expositions de la Porte de Versailles, à Paris, l'équivalent d'une ville moyenne de province pour le sacre de son candidat à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy, qui devrait rester cependant encore quelque temps au ministère de l'Intérieur.
"Nous avions dans un premier temps calibré ce congrès aux alentours de 30.000 personnes", a déclaré lundi le secrétaire national aux fédérations, Roger Karoutchi, lors d'un point de presse. "Aujourd'hui nous le revoyons à la hausse, entre 30.000 et 50.000, et nous verrons si nous dépassons."
Sept trains spéciaux sont déjà prévus, ainsi que 520 autocars, dont 80% venant de province, a-t-il précisé.
Le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP veut faire de ce congrès un événement "populaire", une démonstration d'unité derrière sa candidature et le "véritable point de départ" de sa campagne, soulignent les responsables du parti, qui promettent un "discours fondateur" de leur champion.
Ce congrès est l'aboutissement d'une procédure de désignation pour laquelle les adhérents du parti étaient invités à voter depuis le 2 janvier. Selon Roger Karoutchi, ils étaient plus de 140.000 à avoir voté lundi à la mi-journée, soit 42% des adhérents. Les autres peuvent le faire jusqu'à dimanche matin.
Nicolas Sarkozy étant seul en lice, le vote des adhérents est une formalité. La seule inconnue porte sur la participation et les votes blancs.
Des fidèles du président Jacques Chirac, tel le président de l'Assemblée Jean-Louis Debré, ont dit qu'ils s'abstiendraient, de même que le Premier ministre Dominique de Villepin. L'un et l'autre ont cependant prévu de faire une apparition au congrès.
Jacques Chirac a, en revanche, fait savoir qu'il n'y prendrait aucune part. Une absence que les dirigeants de l'UMP minimisent. "Ce n'est pas la place du chef de l'Etat de venir dans un congrès d'un parti politique. Il est au-dessus des partis", explique ainsi Valérie Pécresse, porte-parole de l'UMP.
A l'inverse, la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, les ex-premiers ministres Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin figurent parmi une quarantaine de personnes qui ont souhaité intervenir à la tribune. "On est en train de voir. Ça ne sera pas possible pour tout le monde", précise Roger Karoutchi.
QG DE CAMPAGNE OPERATIONNEL DES LUNDI
Nicolas Sarkozy n'a pas attendu ce congrès pour choisir, il y a plusieurs mois déjà, son QG de campagne : 1.000 m2 loués sur trois étages, rue d'Enghien, dans le Xe arrondissement de Paris, dans les anciens locaux du Petit Parisien, qui furent un temps convertis en théâtre avant d'abriter un atelier du couturier Paco Rabanne.
"C'est un quartier populaire", fait valoir l'entourage de Nicolas Sarkozy, qui ne semble pas troublé par la similitude et la proximité géographique avec le QG que s'était choisi Lionel Jospin, grand perdant de la présidentielle de 2002.
Le patron de la "gauche plurielle" avait installé son "atelier de campagne" dans une ancienne salle de spectacle reprise par le couturier Jean-Paul Gaultier, rue Saint-Martin.
Plusieurs proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy devraient emménager rue d'Enghien lundi prochain, dont son épouse Cécilia, son attaché de presse Franck Louvrier, son directeur de cabinet au ministère et futur directeur de campagne Claude Guéant, et son chef de cabinet Laurent Solly.
Nicolas Sarkozy semble en revanche moins pressé de quitter le gouvernement. "Si je partais au soir du congrès, ce serait la seule nouvelle qui resterait", a-t-il confié à des journalistes dans l'avion qui l'emmenait vendredi en Corse.
Son entourage souligne qu'il ne "serait pas incohérent" qu'il reste au ministère de l'Intérieur jusqu'à la fin de la session parlementaire, fin février, notamment pour défendre son projet de loi de prévention de la délinquance.
Dominique de Villepin a estimé dimanche, sur Canal+, qu'il revenait à Nicolas Sarkozy de décider "ce qui lui donne le plus de liberté" pour aller "à la rencontre des Français" et qu'il avait pour sa part un nom en tête pour le remplacer.
"Le choix est fait", confirme une source gouvernementale, en précisant que ce sera quelqu'un qui a de l'expérience mais pas nécessairement une question d'âge. Plusieurs noms de ministres circulent, dont ceux de François Baroin (Outre-mer), de Dominique Perben (Equipement), de Christian Jacob (Fonction publique) et d'Henri Cuq (Relations avec le Parlement).
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