15.01.2007

Nicolas Sarkozy se pose en rassembleur.

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Nicolas Sarkozy a déclaré vouloir être "le président d'une France réunie" lors d'un congrès-plébiscite de l'UMP, Porte de Versailles à Paris ce dimanche, et s'est présenté en rassembleur des Français.

Des dizaines de milliers d'adhérents de l'UMP - 80000 à 100000 selon l'entourage du ministre de l'Intérieur, chiffre impossible à vérifier - l'ont écouté prononcer son premier discours de candidat après sa désignation officielle. Seul candidat à l'investiture de l'UMP, il a recueilli 98,1% des suffrages exprimés par environ les deux-tiers des adhérents du parti.

"Ensemble, tout devient possible"
Au moment où il est monté sur le podium, le ministre a dévoilé son slogan de campagne  "Ensemble, tout devient possible" , sur fond de paysage verdoyant, comme sur son affiche.

"J'ai le devoir de me tourner vers tous les Français, quel que soit leur parcours, les Français de droite mais aussi les Français de gauche (...)" a déclamé le ministre dans un discours de plus de 80 minutes. Ou encore, "l'unité de la France je veux la faire par l'action. Cette unité je veux qu'elle soit comme une renaissance."

Unité avec la  chiraquie
Nicolas Sarkozy a voulu faire de cette réunion à grand spectacle, avec podium surélevé sur fond d'écrans tricolores, une démonstration de force et d'unité derrière sa candidature. A 97 jours du premier tour de l'élection présidentielle, il s'est efforcé de panser les cicatrices laissées dans la majorité par sa course à l'investiture de l'UMP.

"La France nous regarde", a-t-il lancé à son arrivée dans le hall qui accueille chaque année le Salon de l'Agriculture, et où le président Jacques Chirac avait lancé le RPR, ancêtre de l'UMP, en 1974 et présenté son programme présidentiel en 1995.

"Je vous demande de faire un triomphe à tous ceux qui viendront ici, parce que tous ceux qui viendront ici j'en aurai besoin", a-t-il ajouté à l'adresse des participants. La quasi-totalité des ministres, y compris les plus "chiraquiens", étaient d'ailleurs présents, ainsi que le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, fidèle parmi les fidèles du chef de l'Etat. L'appel de Nicolas Sarkozy était surtout destiné à prévenir un éventuel chahut lors de la venue de Dominique de Villepin, qui a refusé de participer au vote des adhérents.

Avertissement inutile tant la visite du Premier ministre a été rapide et discrète: dix minutes de bain de foule dans une partie reculée du hall, 20 minutes dans la loge de Nicolas Sarkozy, visite éclair aux parlementaires. Son arrivée n'a fait l'objet d'aucune annonce et aucune image de sa visite n'a été diffusée sur les écrans géants répartis dans le hall. "Il n'y a pas eu une seule fausse note", s'est félicité le député "villepiniste" Georges Tron. Nicolas Sarkozy s'est pour sa part dit "très heureux de cette visite".

"J'ai changé"
Au-delà de la démonstration de force, Nicolas Sarkozy s'est efforcé de convaincre ceux que son ambition et sa soif de pouvoir inquiètent qu'il avait "changé".

Il a ainsi tenté d'humaniser son image de hussard de la politique, plus libéral que social et plus "atlantiste" qu'européen, accusé de "caporalisme" par ceux que sa main mise sur le parti majoritaire irrite et toujours considéré avec suspicion par les fidèles du président Jacques Chirac.

"J'ai changé parce que les épreuves de la vie m'ont changé", a-t-il déclaré. "On ne peut pas partager la souffrance de celui qui connaît un échec professionnel ou une déchirure personnelle si on n'a pas souffert soi-même. J'ai connu l'échec et j'ai dû le surmonter."

"J'ai changé parce que le pouvoir m'a changé, parce qu'il m'a fait ressentir l'écrasante responsabilité morale de la politique", a-t-il ajouté. "J'ai changé parce qu'on change forcément quand on est confronté à l'angoisse de l'ouvrier qui a peur que son usine ferme."

Sarkozy donne des gages
Au fil de son discours, Nicolas Sarkozy a donné plusieurs gages de son "changement". L'un des plus spectaculaires est le ton nouveau avec lequel il a évoqué l'intervention militaire des Etats-Unis en Irak et la position de la France à ce sujet.

"Je veux rendre hommage à Jacques Chirac, qui a fait honneur à la France quand il s'est opposé à la guerre en Irak, qui était une faute", a déclaré celui qui dénonçait encore en septembre, lors d'un voyage contesté à Washington, l'"arrogance" de la diplomatie française.  "Je veux d'une France qui parle toujours à l'Amérique comme une amie, qui lui dit toujours la vérité et qui sait lui dire 'non' quand elle a tort", a-t-il souligné.

Dans son discours d'investiture, le président de l'UMP a dit vouloir une "démocratie irréprochable" et repris les principales propositions distillées ses derniers mois au fil de ses discours en province et des conventions thématiques du parti.

Alors que la candidate socialiste Ségolène Royal et son conjoint, le premier secrétaire du PS, François Hollande, s'opposent sur une augmentation des impôts en cas de victoire de la gauche, il a prôné une baisse de la pression fiscale. "Je veux que l'Etat soit contraint de laisser à chacun au moins la moitié de ce qu'il a gagné. Je veux un bouclier fiscal à 50%" (au lieu de 60% actuellement), a-t-il dit.

Fils d'un immigrant hongrois et d'une descendante de juifs de Salonique, il a revendiqué sa filiation avec les héros de la France Libre et les grandes figures du gaullisme : "Ils m'ont enseigné, à moi, petit Français au sang mêlé, l'amour de la France et la fierté d'être français."

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