24.03.2007

Nicolas Sarkozy se bat contre Ségolène Royal et François Bayrou.

RIVIÈRE SALÉE, Martinique (Reuters) - Nicolas Sarkozy a continué vendredi à ferrailler à distance contre Ségolène Royal et François Bayrou sur le thème de l'identité nationale, désormais installé dans la campagne présidentielle.

Devant environ 2.000 personnes réunies dans un gymnase à Rivière Salée, dans le sud de la Martinique, le candidat UMP a rappelé qu'il avait évoqué ce sujet pour la première fois "il y a tout juste un an" dans ce département français d'outre-mer.

"Personne, alors, ne s'en était offusqué", a-t-il souligné.

Contester le droit de parler de l'identité nationale, c'est créer "les conditions d'une crise identitaire", a-t-il averti.

"S'il n'y a plus d'identité nationale, alors chacun se retournera vers sa communauté et, à ce moment-là, ce sera le communautarisme, la loi des tribus, la loi des clans, la loi des sectes", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a insisté de nouveau sur l'importance des départements et territoires français d'outre-mer dans la constitution de "l'identité nationale" française. "La France, c'est une multitude de petites patries qui forment ensemble une très grande patrie", a-t-il ainsi déclaré.

Tout au long de sa visite de deux jours en Guadeloupe et en Martinique, le président de l'UMP a défendu sa volonté de faire de la question de l'identité un thème central de sa campagne, et sa proposition de ministère de "l'Immigration et de l'Identité nationale".

L'association des deux termes par Nicolas Sarkozy, lors de l'émission "A vous de juger" le 8 mars sur France 2, a choqué l'ancienne ministre centriste Simone Veil, qui venait d'apporter son soutien à sa candidature. Elle est dénoncée par la gauche et par le candidat et président de l'UDF, François Bayrou.

"LA FRANCE, C'EST UN IDÉAL"

Cependant, de réunions publiques en interventions et d'interviews en déclarations, le ministre de l'Intérieur, qui quittera lundi ses fonctions, persiste et signe.

Il estime avoir ainsi pu contenir la percée de François Bayrou dans les sondages et juge nécessaire de ne pas laisser ce thème au seul président du Front national, Jean-Marie Le Pen.

"Je devais prendre ce risque de perturbation du milieu", a-t-il expliqué jeudi à des journalistes dans l'avion qui l'amenait en Guadeloupe. "Depuis que je l'ai fait, j'ai pris six points dans les sondages."

"Il existe une identité nationale française pour la raison simple que la France n'est pas une race, que la France n'est pas une ethnie, que la France c'est une communauté de valeurs, que la France c'est un idéal", a-t-il répété vendredi soir.

"Cette identité, nous voulons bien l'offrir en partage à ceux qui vont devenir français à leur tour", a-t-il ajouté. "Mais nous leur demandons (...) de prendre le temps de réfléchir à ce que c'est que la France, à ce que veut dire être français, à réfléchir pour comprendre l'idéal républicain français, pour l'accepter et pour le respecter."

Quelques heures plus tôt, interrogé par des journalistes dans la ville martiniquaise de Schoelcher après une rencontre avec des étudiants, il s'est réjoui de voir désormais ses principaux rivaux le rejoindre sur ce terrain.

Ségolène Royal vient de souhaiter que les Français aient un drapeau bleu-blanc-rouge chez eux, au lendemain d'un meeting où elle a fait chanter à deux reprises la Marseillaise.

François Bayrou s'est pour sa part dit favorable à ce que "l'attribution de la nationalité française soit conditionnée par autre chose que par la naissance dans un hôpital, à Mayotte et en Guyane" - une remise en cause du "droit du sol".

"Ce qui est extraordinaire, c'est qu'il y a une semaine, François Bayrou et Ségolène Royal disaient que j'avais tort", relève Nicolas Sarkozy. "Et après avoir prononcé le mot 'ignoble' il y a une semaine, (Ségolène Royal) fait un discours entier sur l'identité nationale."

"Mais je ne lui en veux pas. Je trouve que c'est important qu'elle comprenne", ajoute le candidat UMP. "Je suis heureux d'avoir montré le chemin."

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