PARIS (Reuters) - L'analyse du vote dans les régions françaises met en lumière un succès homogène de Nicolas Sarkozy, notamment dans les anciens bastions du Front national comme le Sud et l'Alsace, tandis que le Parti socialiste n'arrive en tête qu'en Bretagne et dans ses fiefs du Sud-Ouest.
NORD - Les bons scores de Nicolas Sarkozy dans cette région de tradition ouvrière coïncident avec un échec de Jean-Marie Le Pen, qui avait réalisé dans cette région en 2002 des scores supérieurs souvent à 30%, mais perd autour de dix points.
Dans la région Nord Pas-de-Calais, fief historique de la gauche, le candidat de l'UMP est en tête avec 28% devant Ségolène Royal (25%), et notamment dans le Pas-de-Calais (13 députés de gauche sur 14), avec un score de 25,68%.
Le PCF, cantonné autour de 3%, est laminé dans ses derniers bastions historiques, comme à Calais, ville qu'il dirige (4,63%).
EST - L'effondrement des scores de l'extrême droite est particulièrement spectaculaire en Alsace, une région qui mettait en tête Jean-Marie Le Pen en 1995 et 2002 et le relègue cette fois en quatrième position avec 13,56% des voix.
L'Alsace, l'une des deux régions de France gouvernées à droite avec la Corse, a préféré Nicolas Sarkozy (36,20%) à François Bayrou, qui n'a le soutien d'aucun grand élu (21,40%). Ségolène Royal, avec 17,11%, fait mieux que Lionel Jospin en 1995 et en 2002.
Le FN se préserve mieux en Lorraine (14,42%) ou en Franche-Comté (13,72%), malgré un net recul.
BRETAGNE - La région, jadis à droite, confirme son virage des années 80 et place la candidate PS en tête de peu devant Nicolas Sarkozy (28% des suffrages contre 27,81%).
Ségolène Royal est en tête dans trois départements bretons sur quatre et dans la plupart des grandes villes comme Rennes (38,02%), Lannion (36,42%), Saint-Brieuc (33,2%) ou Quimper (32,9%). Nicolas Sarkozy devance la candidate du PS dans le Morbihan (29,8% contre 25,13%).
François Bayrou réalise un score supérieur à son résultat national avec 22,55% des voix.
COTE D'AZUR - Nicolas Sarkozy réalise quelques-uns de ses meilleurs scores, en mordant sur l'électorat FN normalement enraciné sur la Côte (43,59% dans les Alpes-Maritimes, 39,74% dans le Var, en tête à Toulon, Draguignan, Nice, Cannes, Antibes et Grasse). Le président de l'UMP double souvent le score de Jacques Chirac en 2002 et passe en certains endroits la barre des 50%.
Jean-Marie Le Pen perd 10 à 12 points et se retrouve derrière Ségolène Royal, en forte progression à 17,9% dans les Alpes-Maritimes et 18,71% dans le Var.
PROVENCE - Le Front national réalise ses plus mauvais scores en 20 ans dans ce qui était son bastion, notamment à Marseille, où Jean-Marie Le Pen, en tête en 1988, 1995 et 2002, finit en quatrième position au profit de Nicolas Sarkozy (34,25 %) et, à un moindre titre, de Ségolène Royal qui gagne 11 points sur 2002.
La tendance est la même sur l'ensemble des Bouches-du-Rhône, dans le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence. Le PCF connaît un revers historique. Marie-George Buffet chute à 2,56% dans les Bouches-du-Rhône où Georges Marchais, en 1981, virait en tête avec plus de 25% des suffrages.
MIDI-PYRENEES, LANGUEDOC - Fief historique de la gauche, la région Midi-Pyrénées a offert une nette victoire à Ségolène Royal avec 31,11% des suffrages. Elle réalise son plus beau score en Ariège (35%), obtient 36% à Toulouse, lieu de son dernier meeting, et 34% à Montpellier.
Sur sa terre de l'Aveyron, José Bové n'a pas réussi sa percée (2,89%). Dans les six départements du Languedoc-Roussillon, seul celui de l'Aude a donné sa préférence à Ségolène Royal avec 31% des suffrages, mais partout ailleurs Nicolas Sarkozy l'emporte aisément.
AQUITAINE - Cette région de gauche confirme son inclination pour Ségolène Royal (28,57%), qui devance d'une courte tête Nicolas Sarkozy (27,28%) et le Béarnais François Bayrou (21,40%). La socialiste est en tête avec 31,37% à Bordeaux.
Jean-Marie Le Pen est laminé avec 8,65%. Implanté dans ce département, le candidat CPNT, Frédéric Nihous, y obtient 1,13% des voix (1,15% à l'échelle nationale).
En Gironde, le département le plus peuplé, la candidate socialiste devance Nicolas Sarkozy (29,27% contre 28,05%), François Bayrou y frôlant les 20% (19,75%).
François Bayrou arrive en tête dans "ses" Pyrénées-Atlantiques avec 29,61% contre 26,31% à la candidate socialiste et 24,93% au président de l'UMP.
RHONE-ALPES - Lyon, ville plutôt centriste dirigée par le PS, a plébiscité Nicolas Sarkozy avec 34,46%, devant Ségolène Royal (27,29%). Dans l'ancienne "capitale de l'UDF", François Bayrou arrive en troisième position avec 22,09%.
En banlieue lyonnaise, c'est également le candidat de l'UMP qui réalise les meilleurs scores . Nicolas Sarkozy arrive en tête des candidats dans toutes les communes socialistes (Bron, Saint-Priest, Décines, Rillieux-la-Pape, Meyzieu).
Grenoble et l'Isère restent en revanche fidèles au PS, de même que l'Ardèche et la ville de Privas et Saint-Etienne.
PARIS ET BANLIEUE - Nicolas Sarkozy (35%) et Ségolène Royal (32%) ont écrasé le vote dans la capitale, gouvernée depuis 2001 par la gauche.
Le candidat UMP réalise un raz-de-marée dans les quartiers favorisés, culminant à 64% dans le XVIe et 58% dans le VIIIe, quartier des Champs-Elysées.
La candidate PS dépasse les 40% dans les quartiers plus populaires du nord-est (XVIIIe, XIXe, XXe) et dans le Xe. Les Verts, une des composantes de la majorité municipale, sont laminés avec des scores compris entre 0,7% et 1,9%.
Dans les banlieues, Nicolas Sarkozy réalise un score plébiscitaire de 87% dans son fief des Hauts-de-Seine, Ségolène Royal l'emporte de loin dans les quartiers populaires, avec des scores souvent supérieurs à 40%. Le PCF est en déroute, voire en voie de disparition avec moins de 5% dans certaines des dernières communes qu'il dirige.
OUTRE-MER - Nicolas Sarkozy est en tête en Guadeloupe avec 42,63% contre 38,27% à Ségolène Royal, ainsi qu'en Nouvelle-Calédonie (49,74% contre 23,73%). Sa rivale PS le devance largement en Martinique (48,49% contre 33,76%) et à la Réunion (46,23% contre 25,08%). Les scores sont proches en Polynésie (45,23% pour l'UMP contre 41,68% à la PS), à Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon.
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