04.05.2007

Nicolas Sarkozy promet de rassembler "sans haine".

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Reuters

Jeudi 3 mai 2007, mis à jour à 22:06

Nicolas Sarkozy promet de rassembler "sans haine"

Nicolas Sarkozy a opposé sa volonté de construire la majorité présidentielle "la plus large" à la "coalition hétéroclite" et "sectaire" qui soutient selon lui son adversaire socialiste, Ségolène Royal.

"A la coalition hétéroclite de l'extrême gauche, des Verts, des chevènementistes, des communistes, des socialistes, qui voudraient bien s'élargir vers le centre et qui n'est soudée que par le sectarisme et le sentiment de haine à mon égard (...), je veux opposer le rassemblement ouvert, tolérant et respectueux du peuple de France", a lancé le candidat de l'UMP à l'Elysée devant une dizaine de milliers de personnes à Montpellier.

A trois jours du second tour de l'élection présidentielle et au lendemain d'un débat télévisé houleux face à Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, qui tenait son dernier meeting de campagne, a cependant assorti cette attaque d'un appel à l'apaisement.

"Je le dis à ma concurrente, nous ne devons jamais oublier que nous avons en commun une même histoire, une même culture, une même langue", a-t-il déclaré. "Nous ne devons jamais oublier que notre destinée est commune (...) Nous ne devons jamais confondre la politique avec la guerre. Pour aucun Français un autre Français ne devrait jamais être un ennemi."

Nicolas Sarkozy a dit vouloir défendre son projet "sans haine, sans mépris, sans arrogance, sans violence" et rassembler le peuple français "au-delà des clivages partisans".

"Je veux rassembler sur des valeurs, sur des convictions parce que pour moi les valeurs et les convictions c'est plus important au générique que les étiquettes", a-t-il dit. "Voilà pourquoi la future majorité présidentielle sera la plus large possible pour faire sa place à tous les Français qui veulent construire l'avenir de la France."

Il avait été précédé à la tribune par l'ancien secrétaire national du Parti socialiste Eric Besson et par le député UDF des Alpes-Maritime Rudi Salles, qui se sont montrés presque plus durs que le candidat à l'égard de Ségolène Royal.

Rudi Salles, qui a fait campagne au premier tour pour le président de l'UDF François Bayrou et a dit soutenir Nicolas Sarkozy en "homme libre" au second, a déclaré que le pays "irait à l'aventure" si la candidate du PS l'emportait.

"DEUX JOURS POUR CREER LES CONDITIONS DU RENOUVEAU"

Eric Besson, qui a claqué la porte du PS en février, a assuré qu'il lui était plus facile d'affirmer son soutien au candidat de l'UMP au lendemain du débat de mercredi soir que le 23 avril à Dijon, où il avait fait son "coming out" sarkozyste.

"Je n'osais pas dire que l'agressivité, l'arrogance n'étaient pas nécessairement là où (Ségolène Royal) le disait", a-t-il dit. "Il me semble que certaines facettes de sa personnalité sont à présent mieux connues des Français."

L'épouse du président Jacques Chirac, Bernadette, était aussi venue, dans l'avion du candidat, pour renouveler le soutien qu'elle lui a publiquement apporté le 5 avril à Lyon.

Louis Nicollin président du club de football de Montpellier, ville dans laquelle Ségolène Royal est arrivée nettement en tête au premier tour, le 22 avril, était également au premier rang.

Dans son allocution de plus d'une heure, Nicolas Sarkozy a offert un florilège des principaux thèmes de sa campagne.

"Il nous reste deux jours pour dire adieu à l'héritage de 68, deux jours pour renoncer au renoncement (...) deux jours pour que se lève le grand mouvement populaire qui emportera tous les obstacles (...), deux jours pour que soient créées les conditions du renouveau français", a-t-il conclu dans le seul moment d'exaltation de son discours.

"Deux jours, Mme Chirac, pour vous dire merci de votre amitié", a ajouté Nicolas Sarkozy, qui a également cité les ministres Jean-Louis Borloo (Emploi), Michèle Alliot-Marie (Défense), Brice Hortefeux (Collectivités territoriales), et son conseiller François Fillon, qui pourrait être son Premier ministre s'il est élu. "Deux jours (...) pour dire à la France que nous sommes unis car nous n'avons qu'une seule volonté : faire triompher la République et la nation française."

Il fera vendredi au plateau des Glières, haut lieu de la Résistance contre l'occupation nazie, en Haute-Savoie, un ultime déplacement symbolique.

Selon son équipe, il a tenu une quarantaine de réunions publiques depuis son investiture par l'UMP, le 14 janvier, effectué 36 autres déplacements, donné 27 interviews à la télévision, une quinzaine à la radio, une vingtaine à la presse nationale, une quarantaine à la presse régionale, une dizaine à la presse internationale et environ 160 à la presse spécialisée.

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