23.06.2007

Nicolas Sarkozy sauve son traité

samedi 23 juin 2007, mis à jour à 10:57

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Nicolas Sarkozy sauve son traité sur les institutions de l'UE Reuters

Nicolas Sarkozy a sauvé son projet de traité sur les institutions européennes, imprimé sa marque sur l'Union dès son premier Conseil européen et engrangé des points qui lui seront utiles lors des prochaines échéances.

A un an de la présidence française de l'UE, le chef de l'Etat français a pris vendredi soir le relais de la chancelière allemande Angela Merkel et joué les médiateurs de choc auprès de dirigeants polonais qui ont tenu le sommet de Bruxelles en haleine presque jusqu'au bout de la nuit.

Faute de pouvoir convaincre le président Lech Kaczynski d'accepter un compromis sur le système de vote de l'UE, la présidente en exercice de l'Union menaçait de conclure un accord sur la réforme des institutions européennes sans la Pologne.

Cette stratégie d'isolement de ce pays de 38 millions d'habitants risquait cependant de provoquer une crise.

Nicolas Sarkozy a passé la soirée à convaincre Lech Kaczynski et son frère jumeau, Jaroslaw, le Premier ministre resté à Varsovie, d'accepter un nouveau compromis sur la mise en oeuvre de la procédure de la double majorité.

Il avait enrôlé dans cette mission de la dernière chance les Premiers ministres britannique, espagnol et Luxembourgeois, Tony Blair, José Luis Rodriguez Zapatero et Jean-Claude Juncker.

Alors que la Grande-Bretagne ne compte pas parmi les pays les plus euro-enthousiastes, contrairement à l'Espagne et au Luxembourg qui ont ratifié le projet de Constitution européenne, Tony Blair a de bonnes relations avec la Pologne.

La manoeuvre s'est révélée payante: à 23h40 (21h40 GMT), le porte-parole de Nicolas Sarkozy, David Martinon, annonçait un accord à cinq. Restait à convaincre les 22 autres pays, ce qui a été chose faite samedi aux environs de 04h00 (02h00 GMT).

Le partage des tâches avait en fait été mis au point dès le 16 mai, lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Berlin aussitôt après son installation officielle au Palais de l'Elysée.

Selon un participant à l'entretien, Angela Merkel avait alors dit au nouveau président avoir "du mal avec les jumeaux" polonais, pour le moins méfiants à l'égard de l'Allemagne, et lui avait demandé s'il était prêt à "s'en occuper".

"Je peux dire qu'on a travaillé main dans la main avec Angela Merkel", a déclaré samedi Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse au petit matin.

En sauvant la mise de la chancelière allemande, qui peut se prévaloir du succès de sa présidence européenne, il parachève ce qui était il y a près d'un an et demi un pari.

UNE PLACE CENTRALE

Il n'était que candidat à l'Elysée quand il a proposé en février 2006 à Berlin et septembre à Bruxelles de reprendre dans un simple traité les principales mesures institutionnelles de la Constitution rejetée en 2005 par la France et les Pays-Bas.

Avec le soutien d'Angela Merkel et en multipliant rencontres et contacts avec les autres dirigeants de l'UE, il a fini par convaincre les partenaires de la France que c'était la seule solution pour sortir l'UE de sa crise institutionnelle.

"Je n'ai pas la prétention de dire qu'on a révolutionné quoi que ce soit mais simplement cette idée de traité simplifié c'est la France qui l'a portée depuis le début. C'est une réalité qui est incontournable", a rappelé samedi matin un Nicolas Sarkozy aux anges, entouré par ses ministres des Affaires étrangères et européennes Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet.

Il retrouve dès sa première "sortie" européenne la place centrale au sein de l'UE et au côté de l'Allemagne qu'avait perdue son prédécesseur, Jacques Chirac, qui s'était, de plus, mis à dos les nouveaux venus d'Europe centrale et orientale.

"Il a trouvé un an avant les autres la formule qui a emporté le consensus", souligne un diplomate français. "Ça lui donne une position extrêmement forte."

Une position que Nicolas Sarkozy, dont le style offensif et direct irrite parfois, devra cependant veiller à préserver et conforter à l'approche d'échéances délicates pour la France.

La première est le sommet des ministres de l'Économie et des Finances européens de juillet, où il a confirmé son intention d'aller pour défendre sa politique économique et ses réformes.

Les ministres des Finances de la zone euro, inquiets de l'impact budgétaire de son programme présidentiel, ont rappelé début juin la France à ses obligations en matière de réduction des déficits et de la dette publics.

C'est d'autre part pendant la présidence française de l'UE, au second semestre 2008, que sera lancée la révision du budget communautaire à mi-parcours, un exercice hautement acrobatique.

En attendant, l'accord de Bruxelles permet à Nicolas Sarkozy de se prévaloir auprès de l'opinion française de la réalisation d'une de ses principales promesse électorale.

Parmi d'autres points engrangés au sommet de Bruxelles, il a aussi remporté une victoire inattendue, même si elle peut n'être que symbolique, en obtenant que l'objectif de "concurrence libre et non faussée" assigné à l'Union dans le projet de Constitution soit rayé du nouveau traité.

La dénonciation de cet objectif avait été un des arguments des pourfendeurs du projet de Constitution européenne.

11.06.2007

VAGUE BLEUE UMP SUR L' ASSEMBLEE NATIONALE.

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Législatives, 1er tour: Sarkozy conforté, malgré une abstention record

PARIS, 11 juin 2007 (AFP) - Les Français ont marqué dimanche, au premier tour des législatives, leur volonté de donner à Nicolas Sarkozy la "large" majorité qu'il leur avait demandée, une adhésion cependant ternie par un taux de participation historiquement bas.
  
Victoire ample ou écrasante? Aucune projection en sièges ne permettait peu après minuit de trancher entre ces deux hypothèses. La fourchette donnée par les instituts de sondages pour l'UMP oscillait entre moins de 400 et plus de 500 sur les 577 de l'hémicycle.
  
Cependant les sarkozystes pouvaient se réjouir d'avoir eu d'emblée une centaine d'élus UMP ou Nouveau centre (ex-UDF), dont sept ministres avec en tête le premier d'entre eux François Fillon.
  
En se rendant peu nombreux aux urnes - l'abstention, à près de 40%, battant les records de premier tour - les Français ont, à l'issue d'une campagne sans intensité, semblé considérer que les jeux étaient faits après la nette victoire de Nicolas Sarkozy le 6 mai.
  
Forte de 359 députés sur 577 dans l'assemblée sortante, l'UMP, autour de 40% de suffrages, soit 10 points au-dessus des voix obtenues par Nicolas Sarkozy le 22 avril, va sans doute se renforcer dans la 13è législature de la Vè République.
  
Les Français resteront ainsi fidèles à leur choix constant: accorder au président nouvellement élu une majorité parlementaire, comme ils l'ont fait en 1981, 1988 et 2002.
  
Le chef de l'Etat (53% le 6 mai) et François Fillon, qui a mené la bataille des législatives, avaient demandé une majorité "large" pour engager des changements "forts".
  
A l'inverse, les socialistes et leurs alliés avaient plaidé sans relâche contre une concentration des pouvoirs entre les mains d'un parti et d'un  homme.
  
Aux alentours de 25%, le score du PS serait comparable à celui de sa candidate à l'Elysée Ségolène Royal le 22 avril et à celui du premier tour des législatives de 2002. Au total, la gauche tourne autour de 39%, c'est-à-dire au-dessus de son score du 22 avril.
  
Une performance "honorable", a jugé le numéro un du PS François Hollande. Cependant, la mécanique du scrutin majoritaire à deux tours devait amplifier la traduction en sièges des suffrages obtenus.
  
Les socialistes étaient 149 dans l'Assemblée sortante. Les projections en sièges PS divergeaient du simple au triple (de 60 à 170).
  
Avec quelque 7% de voix, le Mouvement Démocrate (MoDem) est très loin des 18,57% obtenus par François Bayrou le 22 avril. Seule une demi-douzaine de candidats MoDem étaient en mesure d'être en lice le 17 juin. François Bayrou, bien qu'en ballottage favorable dans les Pyrénées Atlantiques grâce à une triangulaire, perd tout espoir de retrouver un groupe à l'Assemblée.
  
Au contraire, ses anciens amis ralliés à Nicolas Sarkozy et réunis au sein du Nouveau Centre autour d'Hervé Morin, seul ministre issu de l'UDF, devraient franchir la barre fatidique des 20 élus nécessaire pour un groupe.
  
Fait sans précédent, l'Assemblée qui se profile ne devrait compter que trois groupes.
  
En effet, pour la première fois, le PCF qui fut après 1945 la première force politique française et domina des décennies la gauche, risque fort d'être privé de groupe. Ce qui réduirait considérablement son poids.
  
La bipolarisation a donc joué à plein, d'autant que l'abstention historiquement forte a limité les triangulaires à une dizaine: pour franchir le seuil des 12,5% d'inscrits qui barre l'accès au second tour, il fallait réunir 21% des suffrages.
  
Le PS a abordé le second tour en reprenant ses arguments de campagne: risque d'une démocratie entravée par une UMP obèse, qui jouirait d'une domination sans partage.
  
"La démocratie a besoin de respirer", a résumé Ségolène Royal, qui, bien que non candidate à sa réélection comme député, souhaite prendre la tête du PS.
  
Quant au FN, qui n'avait pas de sortant, il enregistre son plus bas taux depuis 1981, une contre-performance que ne masque pas la qualification de Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais.
 

06.06.2007

Le Premier Ministre François Fillon: Il faut revoir la carte judiciaire.

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Justice, travail, retraites… invité de RTL ce matin, le premier ministre a précisé le calendrier de ses premières réformes et promis de nouveaux chantiers.

Réformes. C’est le maître-mot martelé par François Fillon, ce matin sur RTL. Pour le premier ministre, la «nouvelle façon de gérer notre pays» qu’inaugure Nicolas Sarkozy permet en effet au couple exécutif de former «une équipe qui est sans doute l'équipe la plus soudée que la Vème République aura connue». Une «cohésion» qu’il juge être la «clé de la réussite» dans les grands chantiers, en cours et à venir, de son gouvernement. François Fillon les a passé en revue.
Justice : un plan de sécurité des tribunaux d’ici un mois
Au lendemain de l’agression d’un magistrat à Metz, François Fillon annonce que la ministre de la Justice, Rachida Dati, «a un mois pour présenter un plan pour améliorer la sécurité des tribunaux». Mais pour le premier ministre, «si on veut avoir des tribunaux modernes […] et des moyens pour assurer la sécurité de ces tribunaux, dans le contexte budgétaire qui est le nôtre, il faut accepter de revoir la carte judiciaire et de faire les réformes de fond». Parmi ces réformes, il estime qu’il faut notamment regrouper des tribunaux ».
Heures supplémentaires : aucune taxe
Travailler plus pour gagner plus. La mesure phare du candidat Sarkozy coûtera «2,5 à 3 milliards d’euros», estime François Fillon, qui précise toutefois que cela dépendra du nombre d’heures supplémentaires. La plupart des experts, qui s’appuient sur les 900 millions d’heures supplémentaires par an recensées aujourd’hui, évoquent plutôt le chiffre de 5 milliard d’euros. Pour le premier ministre, ce coût est justifié : cette mesure doit en effet «répondre aux deux principaux problèmes de la société française sur le plan économique: le pouvoir d'achat insuffisant et le déficit d'heures travaillées». Quant à sa mise en œuvre, elle est «très simple: il n'y aura pas d'impôt sur le revenu pour les heures supplémentaires», et pas non plus de charges salariales supplémentaires. En butte aux critiques de Bruxelles, qui souhaiterait que Paris réduise ses déficits, le premier ministre a assuré que l’objectif de passer sous la barre des 60% du PIB en 2012, contre 64,5% fin 2006, serait «tenu».
Retraites : la réforme des régimes spéciaux en 2008
Autre grande réforme promise par le candidat Sarkozy, la remise à plat des régimes spéciaux de retraites, qui concernent 500.000 actifs et 1,1 million de retraités. Pour François Fillon, ils constituent «l’injustice la plus criante» dans la question des retraites. Le premier ministre a répété que cette réforme serait engagée en 2008. Le premier ministre a par ailleurs expliqué qu’il comptait «mettre la pression sur les entreprises pour qu'elles gardent leurs salariés jusqu'à l'âge de la retraite». Le premier ministre n’a pas hésité à faire planer la menace d’une hausse des cotisations retraites si les entreprises ne changent pas de comportement vis-à-vis des seniors.
Institutions : réformer le financement des partis
Interrogé sur l’action des UDF ralliés à la majorité présidentielle, et obligés, à l’instar d’Hervé Morin, de maximiser leurs candidatures aux législatives pour se constituer un financement public, François Fillon a estimé que c’était un signe que le financement de la vie politique n’était plus «adapté». «Je proposerai qu’on le modifie», a-t-il lancé, sans plus de précisions. Il a également assuré que «l’engagement» du candidat Sarkozy a confier à l’opposition la présidence de la commission des Finances de l’Assemblée serait «tenu», mais dans le cadre d'une «discussion globale» sur la modernisation du travail parlementaire. Jean-François Copé a d’ailleurs été saisi d’une mission de réflexion sur le sujet, a annoncé François Fillon. 

05.06.2007

Le Président Colombien libère le chef guérillero "Granda" à la demane du Président Nicolas Sarkozy.

Monde

Le président colombien Alvaro Uribe a annoncé lundi qu'à la demande expresse de son homologue français Nicolas Sarkozy, il avait libéré sans condition le chef guérillero des FARC, Rodrigo Granda, pour en faire "un intermédiaire de paix".

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Le "ministre des Affaires étrangères" de la guérilla des FARC Rodrigo Granda sort de prison, le 4 juin 2007

BOGOTA (AFP) - 05 juin 2007 | 07H18

Le chef de l'Etat colombien qui s'est prévalu des remerciements de M. Sarkozy, a indiqué avoir pris cette décision bien que Granda, considéré comme le "ministre des Affaires étrangères" de la guérilla, ait refusé de se démobiliser et d'abandonner la lutte armée."Le gouvernement lui fait confiance pour qu'il ne participe pas à des enlèvements, à des assassinats (....) et qu'il soit intermédiaire de paix", a déclaré M. Uribe, lors d'un discours devant le corps diplomatique et le gouvernement, retransmis en direct à la télévision.

De son coté Nicolas Sarkozy a salué mardi matin la "décision très importante et courageuse" prise par le président Uribe qu'il avait "expressément demandée".

Le chef de l'Etat français "espère désormais que ce développement sera entendu par les Forces armées révolutionnaires de Colombie et que "celles-ci y répondront".

M. Granda avait quitté lundi dans l'après-midi la prison "La Rosada", à bord d'un hélicoptère de la police, en compagnie du Haut commissaire du gouvernement pour la paix, Luis Carlos Restrepo, pour gagner le siège de l'épiscopat colombien dans la capitale, où il passera la nuit.

Son avocat, Miguel Gonzalez, apparemment furieux, laisse entendre que son client a été libéré de force. "Les possibilités d'un accord humanitaire sont aujourd'hui au point mort", a-t-il proclamé aux journalistes.

A l'opposé, Yolanda Pulecio, la mère de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, était radieuse en apprenant la libération du chef guérillero. "C'est un message très positif envoyé à la guérilla", a-t-elle estimé. Elle prie, dit-elle à l'AFP, pour que les FARC "à leur tour fassent un geste de réciprocité" en libérant leurs otages.

Samedi, des diplomates cubains avaient rencontré Granda dans la prison La Dorada (centre-ouest). La visite avait duré près de trois heures mais à leur sortie ils s'étaient refusés à tout commentaire.

Par ailleurs, un conseiller de la présidence avait révélé vendredi à l'AFP que M. Granda allait être libéré pour apporter une preuve de vie d'Ingrid Betancourt au président français Nicolas Sarkozy, une information aussitôt démentie par le gouvernement.

Granda était le membre le plus important de l'organisation rebelle en captivité et avait été capturé le 13 décembre 2004 à Caracas, au Venezuela.

Alvaro Uribe a également indiqué au cours de son allocation que la libération massive de guérilleros se poursuivait mardi.

Plus de 150 rebelles repentis seront libérés avant jeudi, a-t-il annoncé, précisant cependant qu'une vingtaine d'entre eux retourneraient en prison.

Le président colombien, qui a accompli ce "geste humanitaire" pour inciter la guérilla à libérer ses otages, a souligné qu'il avait consulté au préalable les institutions du pays, notamment l'armée et la justice.

Au moment même ou le chef de l'Etat tenait son discours, un commandant de police été enlevé à Florida (sud-ouest), une localité dont la guérilla des FARC réclame la démilitarisation afin d'engager un accord humanitaire.

Les FARC, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes en échange de 56 otages, dont trois Américains et Ingrid Betancourt, ex-candidate écologiste à l'élection présidentielle colombienne, enlevée depuis plus de 5 ans.

Le Président Russe menace l'Europe de ses missiles.

 5 juin 2007

    

Vladimir Poutine menace de répondre au bouclier antimissiles américain (photo Reuters)Le président Vladimir Poutine est prêt à braquer des armes russes sur l'Europe si les Etats-Unis installent leur bouclier anti-missiles en Pologne et en République tchèque. Poutine l'a dit au Figaro dimanche, avant de retrouver ses homologues du G8, mercredi en Allemagne.
Le bouclier doit protéger les Etats-Unis de tirs nord-coréens ou iraniens. Ce n'est pas le retour de la guerre froide, disent les spécialistes, mais il sera difficile de trouver un accord.

Moscou parle de cibles en Europe

 Vladimir Poutine menace de braquer ses armes sur l’Europe, comme au temps de la Guerre Froide: «Si une partie du potentiel nucléaire des Etats-Unis est en Europe (...), nous devrons avoir des cibles en Europe», a déclaré le chef de l'Etat russe dans un entretien accordé dimanche 3 juin au Figaro.

La Russie pourrait utiliser des missiles balistiques, des missiles de croisière ou de nouveaux systèmes d'armements.

Réarmement unilatéral

La Russie, qui appliqué le Traité sur les armements conventionnels en Europe (CFE) vit comme un «réarmement unilatéral» la mise en place d’un bouclier nucléaire américain en Pologne et en République Tchèque, deux de ses anciens «pays frères».

«En plaçant leurs armes sur d’anciennes bases du Pacte de Varsovie, les Américains, par leur maladresse, servent la soupe à Poutine», estime Dominique Colas, professeur des universités à l’Institut d’études politiques de Paris, et co-auteur du livre 'l’Europe post-Communiste' (lire les ‘Sources’).

La Russie sous surveillance
Moscou conteste l’efficacité militaire des missiles américains officiellement destinés à contrer l’Iran: «Les Iraniens ne disposent pas de missiles de 5 000 à 8 000 kilomètres de portée, dit Vladimir Poutine. Il n'y a donc pas de justification au déploiement de ce système.» Pour Moscou, les radars situés en Pologne sont avant tout destinés à contrôler le lancement des missiles russes.

Les anti-missiles américains «ne serviraient à rien pour intercepter des missiles russes, mais Moscou fait semblant de ne pas le comprendre», analyse Jean-Vincent Brisset, ancien général de l’armée de l’air et spécialiste des questions de défense. «Les radars par contre, qui voient très loin, pourraient servir à observer les missiles russes.»

L’Iran, la menace fantôme ?
Moscou estime qu’en s’attaquant à l’Iran, Washington réagit contre une menace fantôme. Selon Jacques Sapir, chercheur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, la Corée du Nord et l’Iran ne sont que des prétextes. Les Etats-Unis cherchent avant tout à constituer une nouvelle politique européenne après l’échec de la coalition irakienne.



En effet, expliquent les experts, il n’existe aucune preuve que la Corée du Nord ou l’Iran possèdent les moyens de développer des missiles nucléaires. «Il n’en auront pas les moyens techniques avant 20 ans», confirme François Géré, directeur exécutif de l’Institut français d’analyse stratégique (Ifas). Le bouclier américain relève donc bien de la logique préventive.

Négociation de façade
En apparence pourtant, Moscou et Washington jouent la carte du dialogue. Le Kremlin prône le retour à une concertation le cadre du Conseil Otan-Russie «sur la création d'un grand théâtre de défense antimissile.»

De son côté, la Maison Blanche appelle à la constitution de dispositifs de défense commune. Dans une interview à l'hebdo allemand Spiegel, le directeur de l'Agence américaine de défense antimissile (MDA), le général Henry Obering a dit : «Je crois qu'il serait extrêmement sensé de combiner les technologies américaine et russe.»

Cécile Peltier cecile@plusnews.fr

04.06.2007

Pour Raffarin,Nicolas Sarkozy est le leader naturel de l'U.M.P.

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Invité hier du « Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI », l'ancien premier ministre s'est présenté comme un « casque bleu » au service de l'unité du parti majoritaire.

L'UMP doit-elle « accompagner le pouvoir », comme l'a souhaité hier soir Jean-Pierre Raffarin au « Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI », ou « déminer la société », comme l'a préconisé hier midi Patrick Devedjian sur Radio J ? Les deux, bien sûr, mon général ! Le projet de réforme des statuts rédigé par l'an­cien premier ministre et les conceptions défendues par le nouveau secrétaire général délégué de l'UMP ne divergent vraiment que sur une question : qui doit être le « patron » ?
Jean-Pierre Raffarin a répondu en citant Nicolas Sarkozy, qui confiait il y a quinze jours : « S'il devait y avoir un patron de l'UMP, je sais qui ce serait. » Le chef de l'État pensait évidemment à lui. Tous ses interlocuteurs ont compris le message, puisqu'aucun ne propose de doter le parti d'un président élu. « Nicolas Sarkozy doit rester le leader naturel de l'UMP, même s'il n'en est pas le leader juridique », a approuvé Jean-Pierre Raffarin, en expliquant qu'un « président nommé » à la tête d'une « direction collégiale », comme il le propose, n'aurait « pas le même pouvoir qu'un président élu ».
Patrick Devedjian partage cette opinion. Il juge « pas souhaitable » de créer un poste de président de l'UMP, « pour ne pas créer de conflits de légitimité » entre le chef du parti et le chef de l'exécutif.
Jean-Pierre Raffarin et Pa­trick Devedjian sont également d'accord sur le rôle du parti majoritaire. L'ex-premier ministre veut que l'UMP « accompagne le gouvernement » en reflétant sa « diversité », « non pas par les courants, mais par l'organisation de débats, voire de référendum d'initiative militante ».
Il reconnaît un devoir de « loyauté » vis-à-vis du pouvoir, mais souhaite aussi que le parti puisse « contrôler l'action du gouvernement », voire « la préparer en amont » en se dotant d'une sorte de « Conseil d'État intégré » pour préparer des avant-projets à l'intention des ministres.
«Une avant-garde »
Moins précis, mais tout aussi combatif, Patrick Devedjian a assuré qu'« à l'inverse du passé l'UMP n'a pas vocation à être l'ambulance qui vient derrière la majorité gouvernementale et le gouvernement pour ramasser les blessés. Ce n'est pas une arrière-garde, c'est une avant-garde. Elle doit nourrir le débat politique préalablement au débat parlementaire et jouer le rôle de déminage des aspérités de la société ».
C'est quand ils abordent la question des statuts que Raffarin et Devedjian ne sont plus sur la même longueur d'ondes. L'ex-premier ministre veut faire passer l'UMP d'un « régime présidentiel à un régime parlementaire ». « Il y aura le parlement du parti, avec un président, un conseil national et un bureau politique, a-t-il expliqué, et à côté de cela, un secrétaire général qui s'occupera de choses très importantes comme la préparation des élections ». Et c'est là que le bât blesse pour Patrick Devedjian, qui voit le secrétaire général comme le futur numéro un de l'UMP.

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