24.05.2008

L'Union de la méditerranée,une chance pour l'Europe.

L'Union pour la Méditerranée, une chance pour l'Europe Benita Ferrero-Waldner, la commissaire européenne aux Relations extérieures affirme la détermination de l'Europe à porter l'initiative de l'Union pour la Méditerranée. Berceau des trois religions monothéistes, creuset de civilisations et de cultures, de migrations et d'échanges, la Méditerranée a une histoire indissociable de celle de l'Europe.

Le bassin méditerranéen est la charnière du Nord et du Sud, de l'Orient et de l'Occident. À la confluence de trois continents, il est plus qu'une simple frontière pour l'Union européenne. La stabilité de cette région est essentielle tant pour notre sécurité et notre prospérité que pour celles de nos voisins et amis méditerranéens.

 L'Union européenne a fait le choix de se rapprocher de la Méditerranée. Le processus de Barcelone, qui, depuis son lancement en 1995, rapproche tous les États membres de l'Union européenne des treize États partenaires du Sud dans une coopération multilatérale, et la politique européenne de voisinage, qui renforce la coopération bilatérale avec ces pays depuis 2002, marquent notre effort pour la paix, la prospérité et le dialogue dans la région.

Le mérite revient à la France d'avoir proposé une nouvelle dimension à la coopération en Méditerranée. Sur cette base, le Conseil européen a invité la Commission à redéfinir les modalités du processus de Barcelone pour une Union pour la Méditerranée. La Commission y travaille activement. Le processus de Barcelone nous a permis d'aborder de nombreuses questions régionales stratégiques. Beaucoup a été accompli, mais de nombreux défis communs demeurent, notamment la sécurité, la protection de l'environnement, la pérennité des approvisionnements énergétiques, la lutte contre la criminalité organisée, la maîtrise des flux migratoires et le dialogue interculturel. Au-delà de cette coopération avec nos voisins méditerranéens, c'est la compréhension de l'autre et de ses intérêts, le respect mais aussi la confiance mutuelle qu'il faut renforcer et que je recherche dans mes fonctions de commissaire européenne aux Relations extérieures. Le processus de Barcelone a malheureusement souffert de la persistance des conflits au sud de la Méditerranée et, parfois, du manque de coopération entre les États partenaires.

Mais une évolution positive est à l'œuvre. Je l'ai constatée au cours de mes récents déplacements dans la région. Le moment est venu de tirer profit d'une volonté politique renouvelée pour insuffler un nouvel élan à notre coopération et la rendre plus équilibrée et plus proche de nos concitoyens. L'Union pour la Méditerranée est une ambition politique renouvelée qui s'appuiera sur des projets concrets. Elle n'est ni une alternative à l'élargissement, ni une perspective d'adhésion. Elle apportera en revanche un triple élan au processus de Barcelone. Tout d'abord par le renforcement de la dimension politique des relations entre l'Union européenne et ses partenaires méditerranéens.

L'Europe doit parler d'une seule voix et au plus haut niveau sur des questions aussi stratégiques. Ensuite, par un rééquilibrage et un meilleur partage des responsabilités dans nos relations multilatérales. L'Europe doit en assurer la gestion avec ses partenaires méditerranéens. La coprésidence par un pays du Sud et un pays de l'Union sera le gage de l'équilibre de notre coopération et facilitera l'adhésion de l'ensemble des acteurs à ces objectifs. Il faut enfin, comme le disait Robert Schuman, des projets concrets «créant d'abord une solidarité de fait». C'est la qualité des projets menés ensemble qui garantira le succès de l'initiative. C'est elle qui permettra aux citoyens de ressentir la force des liens qui unissent les deux rives de la Méditerranée. En tant que commissaire en charge de cette région, je souhaiterais ainsi promouvoir les autoroutes de la mer, l'interconnexion de l'autoroute du Maghreb arabe, la promotion de l'énergie solaire et la dépollution de la Méditerranée. Ce sont des projets qui auront un effet structurant pour la région, et qui permettront d'intégrer les acteurs non étatiques, la société civile et les entreprises. L'Europe doit être un levier, les capitaux privés un relais.

 La Commission européenne compte porter ces projets lors du sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée à Paris, le 13 juillet prochain. Fernand Braudel disait déjà que «la Méditerranée est un carrefour, non pas une civilisation, mais plusieurs civilisations superposées. Tout conflue vers cette mer, bouleversant et enrichissant son histoire». Berceau de l'Europe, le bassin méditerranéen est aujourd'hui son avenir.C'est donc avec espoir et détermination que la Commission européenne porte l'initiative d'Union pour la Méditerranée.

23.05.2008

L'Union de la Méditerranée

Monde Cinq projets phares pour l'Union pour la Méditerranée Par Yves Clarisse STRASBOURG (Reuters)

Autoroute du Maghreb, dépollution de la Méditerranée, développement de l'énergie solaire ou coopération en matière de protection civile contre les catastrophes: la Commission européenne propose cinq projets phares pour lancer l'Union pour la Méditerranée (UPM). L'exécutif européen, qui a présenté des propositions censées être approuvées par le sommet fondateur de l'UPM, le 13 juillet prochain à Paris, n'est toutefois pas sur la même longueur d'ondes que la France, à l'origine de l'initiative, sur son pilotage. Les principaux problèmes politiques qui divisaient profondément les Vingt-Sept ont été plus ou moins réglés au prix d'une révision à la baisse des ambitions françaises. La France voulait initialement limiter le périmètre de l'UPM aux seuls 22 pays strictement riverains de la Méditerranée, plus le Portugal, la Jordanie et la Mauritanie, ce qui avait suscité la colère de l'Allemagne, qui évoquait une division de l'UE.

Le "processus de Barcelone" entamé en 1995 entre l'UE et les pays de la Méditerranée, qui a déjà permis de signer des accords de libre-échange avec des pays comme la Tunisie, aurait été affaibli par ce projet qui prévoyait aussi de siphonner les fonds communautaires - 4,6 milliards d'euros de 2000 à 2006. L'appellation choisie - "Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée" - illustre à elle seule les contorsions qui ont été nécessaires pour parvenir à un compromis qui maintienne l'acquis tout en donnant une impulsion à un processus dormant. AUTOROUTE NOUAKCHOTT-TRIPOLI L'accord s'est fait selon cinq axes: accent sur la parité Nord-Sud, valeur ajoutée par rapport à Barcelone, participation de tous, coopération régionale, concentration de l'initiative sur des projets concrets et appel à des fonds privés. Les cinq projets présélectionnés mardi répondent à ce souci de réunir 39 pays où habitent 700 millions d'habitants.

 La création d'une autoroute du Maghreb arabe (AMA) reliant la Mauritanie, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et la Libye est déjà bien avancée sur une base nationale, mais il faudra connecter les réseaux et la Commission insiste sur le fait que, sans libéralisation des échanges, elle servira peu. L'AMA est surtout susceptible d'attirer des capitaux privés grâce à des péages, d'où l'intérêt pour le projet. Les autoroutes de la mer, des trajets balisés et reliés à des infrastructures portuaires modernes, est un véritable projet Nord-Sud, pour assurer la fluidité du commerce. Le projet de dépollution de la Méditerranée à l'horizon 2020 fait quant à lui l'objet d'un plan depuis 2006, mais l'UPM constitue un stimulant pour accélérer la résolution d'un problème grave, la plupart des eaux usées finissant sans traitement dans la mer.

L'idée du plan solaire méditerranéen est de développer une énergie qui serait ensuite importée par l'Union européenne. Enfin, la coopération dans le domaine de la protection civile est le seul projet qui n'est pas susceptible d'attirer des investissements privés, mais il permettra de mieux lutter contre des fléaux provoqués par le réchauffement climatique. Les autres projets en cours, comme la création d'une zone de libre-échange euro-méditerranéenne d'ici à 2010 ou la promotion de l'éducation, sont bien entendu maintenus pour permettre au Sud de la Méditerranée de tirer profit du marché européen.

L'autre grande innovation de l'UPM est institutionnelle. La Commission, qui a beaucoup à perdre dans l'exercice, dans la mesure où le pilotage du processus par des sommets tous les deux ans et un secrétariat impliquant le Nord et le Sud, risque de lui échapper, entend marquer son territoire. Ainsi, les Vingt-Sept ont-ils décidé que l'UPM serait pilotée par deux co-présidents, un du Sud et un du Nord.

Pour le Sud de la Méditerranée, la Commission ne conteste par qu'il devra s'agir d'un chef d'Etat en exercice et la France promeut la candidature du président égyptien Hosni Moubarak. Mais du côté européen, elle rappelle qu'à partir de l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le 1er janvier 2009, les relations extérieures de l'UE seront assumées par le président du Conseil européen et le président de la Commission. Nicolas Sarkozy présidera donc le premier sommet mais il cèderait la place à ce duo alors qu'il voulait qu'un pays riverain du Nord de la Méditerranée soit co-président. La localisation du secrétariat qui sera chargé de piloter l'UPM n'est pas précisée - la France pense à Tunis mais Malte et le Maroc sont également candidats - et la Commission veut lui adjoindre un "comité de direction" composé de représentants du Sud et du Nord qui serait, lui, basé à Bruxelles.

Des interrogations subsistent aussi sur la participation des pays du Sud de la Méditerranée au premier sommet. Si l'Egypte, la Jordanie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, l'Algérie, l'Autorité palestinienne, le Liban, la Turquie, la Libye devraient en être, la participation d'Israël risque de réduire cette liste et la Syrie pourrait être absente. Il s'agit là d'un avant-goût de ce qui risque de se passer lors des sommets de l'UPM qui se dérouleront tous les deux ans: pourront-ils adopter une déclaration politique commune, comme c'est prévu, si le conflit israélo-palestinien persiste?

20.05.2008

Patrick Devidjan provoque un tollé à l'UMP.

En proposant de renoncer à la durée légale du temps de travail, comme le réclame une partie du patronat, le secrétaire général de l'UMP a créé des remous... dans son propre camp. Il a été désavoué par Nicolas Sarkozy et Xavier Bertrand. UN PAVÉ dans la mare ? Plutôt un parpaing !

Exceptionnellement, Patrick Devedjian s'était invité hier au point presse de l'UMP pour plaider le « démantèlement » des 35 heures et la disparition de la durée légale du temps de travail : « Au bout de dix ans de 35 heures, on a droit à une remise de peine non ? » ironisait-il. Ce zèle lui a valu dans la journée un démenti assez rêche de l'Elysée, Nicolas Sarkozy couvrant même son rival à l'UMP, Xavier Bertrand, de lauriers...

A trois jours de la manifestation nationale sur les retraites, le secrétaire général de l'UMP ne pouvait pourtant pas ignorer qu'il déclencherait une véritable tempête : « Je ne suis pas du tout désavoué. Mon rôle à l'UMP, c'est d'être en avant-garde du gouvernement. Je ne suis pas porte-parole du gouvernement et l'UMP n'en est pas une annexe », se défend-il. Et d'ajouter : « Je n'ai pas les mêmes contraintes que Xavier Bertrand. » « On ne va pas défaire d'une main ce qu'on a fait de l'autre » En tout cas, l'annonce a pris de cours le ministre du Travail, qui a peu apprécié cette « avant-garde ». En visite à la même heure à l'usine Renault de Flins, il dressait justement un bilan plutôt flatteur des RTT et de leur rachat par 21,6 % des salariés lorsque la nouvelle est tombée. Du coup, il a mis les points sur les « i » dans un communiqué, indiquant qu'il fallait « garder une durée légale du travail à 35 heures » et précisant qu'une loi permettrait à partir de début 2009 aux entreprises « plus de souplesse », notamment sur les heures supplémentaires. « On ne s'attendait pas à cette sortie de Devedjian. Le ministre l'a appris par l'AFP », confie une source gouvernementale pour qui « il y a eu un gros défaut de coordination »... « On n'est pas fous.

On prépare une loi, on ne va pas se tirer une balle dans le pied », ajoutait-on. « Référez-vous à ce qu'a dit Xavier Bertrand. Comme toujours, il a bien parlé », a tranché sèchement en fin d'après-midi le président de la République. A la question de savoir s'il avait évoqué le sujet avec le président, Patrick Devedjian était le matin resté évasif : « Il prendra position le jour où il l'estimera nécessaire. » Excès de zèle ? « Nicolas pense qu'il faut recréer des clivages idéologiques et qu'il vaut mieux choisir ceux qui divisent nos adversaires, ce qui est le cas des 35 heures, analyse un conseiller. Patrick a donc saisi la balle au bond ! »

 Critiqué pour sa gestion « atone » de l'UMP, Devedjian a en tout cas agité un véritable chiffon rouge devant Xavier Bertrand, également nouveau secrétaire général adjoint de l'UMP, avec lequel il entretient des relations très fraîches. Maladresse ou provocation ? Une chose est sûre, pour l'entourage du ministre du Travail : « On ne va pas défaire d'une main ce qu'on a fait de l'autre. » En clair, remettre en cause la durée légale et tout le système censé redonner du pouvoir d'achat aux salariés. Ségolène Royal, elle, a jugé hier que les 35 heures sont « un acquis important » et exhorté la droite à cesser « de les prendre pour bouc émissaire ».

En effet, la position du secrétaire général de l'UMP, engendre une cacophonie au sein même de l'UMP. Il y a une antinomie certaine patrick Devidjan, le Président de la République et le gouvernement.

Aussi, les militants UMP en on assez de voir que leurs responsables nationaux sont en total désaccord par un manque de communication. Ce n'est pas bon pour notre mouvement au moment où le pays a besoin de stabilité, de lisibilité et de confiance.

Alors, une seule solution changer les responsables en provoquant des élections internes anticipées à l'UMP. Enfin les militants de base voudraient être écoutés et participer à la réflexion et à l'action de notre mouvement,une bonne fois pour toute.

02.05.2008

Nicolas Sarkozy fait l'éloge d'Angela Merkel.

Après des mois de relations en dents de scie, Nicolas Sarkozy a multiplié les oeillades en direction d'Angela Merkel lors de la remise du Prix Charlemagne à la chancelière allemande pour son engagement européen. Chargé de prononcer l'éloge de la dirigeante allemande, distinguée pour son travail en faveur du nouveau traité de l'Union, le président français a démenti tout froid - diplomatique ou personnel - avec son homologue, faisant parfois s'esclaffer le public de l'Hôtel de ville d'Aix-la-Chapelle.

 La version écrite de son allocution évoquait, entre autres, la future Union pour la Méditerranée, principale source de tension entre Paris et Berlin pendant l'hiver, mais il n'en a pas dit un mot, se cantonnant à un registre très personnel, au risque d'en faire un peu trop. "La presse parle beaucoup de notre couple", a-t-il remarqué en se tournant vers l'époux d'Angela Merkel, Joachim Sauer, qu'il a appelé "M. Merkel", le nom du premier mari de la chancelière dont elle a divorcé. "Je voudrais lui dire de ne pas croire ce qu'écrivent les journaux.

J'aime Angela Merkel beaucoup plus que ce qu'ils disent", a-t-il assuré. "En douze mois (...) nous nous sommes vus douze fois et compte tenu de son emploi du temps, je suis prêt - M. Merkel - à comparer nos agendas. Angela et moi nous formons un couple harmonieux!", a-t-il insisté. A l'orée d'un mois de mai revendicatif en France - des lycéens aux syndicats en lutte contre la réforme des retraites - Nicolas Sarkozy a vanté la "culture du consensus" issue du fédéralisme allemand. C'est "une réalité et surtout une force plus vivante en Allemagne qu'elle ne l'est en France", a-t-il reconnu. Sur la scène européenne, Paris et Berlin ne peuvent "pas se disputer comme les autres.

Quand on se dispute, c'est pour trouver une solution", a fait valoir Nicolas Sarkozy qui n'a pas hésité à rappeler son rôle dans l'adoption du nouveau traité. A Bruxelles, avec Angela Merkel, "on se retrouvait très tard dans la nuit et on cherchait des solutions", a-t-il rappelé s'obstinant à parler du "traité simplifié" pendant vingt minutes quand l'exécutif européen préfère la dénomination "Traité de Lisbonne". "TES SI GENTILLES PAROLES" "L'autorité, la détermination, la volonté, l'engagement européen d'Angela Merkel a permis l'adoption de ce traité simplifié", a-t-il assuré devant les principaux dirigeants de l'Union assis sous les ogives de la "Salle du couronnement". "Nicolas, je te remercie de tout coeur de tes si gentilles paroles", a répondu la chancelière, troquant le "vous" de son discours écrit pour le tutoiement. "Le traité n'a pas résolu la crise entre l'Europe et les Européens" à qui il faut redonner l'envie de construire un destin commun, a cependant estimé Nicolas Sarkozy. "L'Europe est une idée trop forte, trop belle et trop juste pour être l'idée des élites, de ceux qui savent, de ceux qui réussissent (...)

L'Europe est une idée juste, elle doit être partagée par les peuples européens", a-t-il insisté. Il a salué le président de la Commission, Jose Manuel Barroso, "qui fait honneur à l'Europe", avec qui il avait eu un entretien en tête-à-tête avant la cérémonie pour évoquer la future présidence française de l'Union et les négociations à l'OMC. A la tribune, Nicolas Sarkozy a rappelé les objectifs de "sa" présidence qui débute le 1er juillet. "La France ne travaillera pas pour elle, elle travaillera pour l'Europe", a-t-il promis. Une fois le traité en vigueur, au 1er janvier 2009, "notre travail, il commence (...) pour montrer aux Européens ce que l'Europe peut nous apporter", a-t-il expliqué. "L'Europe nous a apporté la paix et le progrès. Maintenant il faut aller plus loin sur l'immigration la défense commune", a estimé le chef de l'Etat qui s'exprimait devant plusieurs personnalités distinguées les années précédentes, comme Simone Veil. Récompensé en 1982, le roi d'Espagne a lui aussi commis une boulette à la fin de la cérémonie. Devant l'Hôtel de ville où des dizaines de personnes étaient massées - certaines avec les banderoles à la gloire d'Angela Merkel rebaptisée "Miss Europa", d'autres dénonçant l'Europe capitaliste - le roi d'Espagne a salué les habitants "d'Aix-en-Provence". /LBR

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