01.07.2008
La France prend la Présidence de l'Union Européenne.
C'est le jour J. La France prend ce mardi matin la présidence de l'Union européenne dans une atmosphère de crise qui contrarie l'ambition affichée de Nicolas Sarkozy de s'attaquer d'urgence à des sujets concrets pour rapprocher l'Europe de ses citoyens. Malgré les limites imposées à son action par la gestion du non irlandais au traité de Lisbonne , Paris compte sur quatre priorités : énergie et climat, pacte pour l'immigration, relance de la défense européenne et agriculture - pour imprimer sa marque durant son semestre de présidence qui succède à celui de la Slovénie. Soucieux de répondre à l'inquiétude des Français sur leur pouvoir d'achat, il devrait également lancer une nouvelle tentative en vue d'un plafonnement européen de la TVA sur le pétrole.
Quitte à heurter certains pays, à l'image de l'Allemagne, fermement opposés à une telle initiative . Mais la crise institutionnelle provoquée par la victoire du non au référendum en Irlande risque de fragiliser quelque peu la présidence française. Elle a d'ores et déjà fait voler en éclats l'espoir de Nicolas Sarkozy d'installer à la fin de l'année les nouvelles institutions prévues par le traité, dont le "président de l'UE".
Le dernier sommet de Bruxelles n'ayant pas permis de trouver une solution, la présidence française va devoir consacrer une part importante de ses intentions à "remettre les 27 sur les rails", a souligné le secrétaire d'État aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet, qui sera un homme-clé de cette présidence ( lire son portrait ). Nicolas Sarkozy se rendra en Irlande dès le 11 juillet pour, selon Jouyet, "se faire un sentiment sur le malaise et les interrogations des Irlandais". Et il est acquis que la crise institutionnelle dominera le prochain sommet européen d'octobre. D'ici là, le chef de l'État tentera d'obtenir la poursuite de la ratification du traité, en faisant le forcing auprès de Tchèques hésitants tout en évitant de donner l'impression d'isoler ou de contraindre Dublin.
La France compte surtout sur le lancement en grande pompe de l'Union pour la Méditerranée Si la France insiste sur sa volonté de ne pas imposer ses vues, le "pact e pour l'immigration" qu'elle pense pouvoir faire adopter par les 27 est largement inspiré de sa propre politique pour une immigration qui se veut à la fois maîtrisée et "choisie". Paris a aussi pour objectif de trouver un accord politique sur le paquet énergie-climat destiné à limiter les émissions de CO2, qualifié de "très ambitieux". Selon un récent sondage, 63 % des Français estiment que l'environnement doit être la priorité de la présidence française de l'UE. Le président de la République a promis en outre une "relance" de l'Europe de la défense "quel que soit l'avenir du traité de Lisbonne". Il veut également jeter les bases d'une nouvelle politique agricole commune (PAC), sujet traditionnel de conflits entre Européens. Pour donner de l'éclat à sa présidence, la France compte surtout sur le lancement en grande pompe de l'Union pour la Méditerranée (UPM) le 13 juillet à Paris.
Les dirigeants de 43 pays européens et riverains de la Méditerranée ont été conviés. Ce projet phare du chef de l'État, qui va au-delà des 27 membres de l'UE, est sans doute celui qui lui est le plus cher. À la demande pressante de Berlin, Paris a dû accepter d'associer au projet tous ses partenaires de l'UE alors qu'il était dans un premier temps destiné aux seuls États riverains, dans l'espoir de dynamiser un "processus de Barcelone" qui n'a pas tenu ses promesses. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président syrien Bachar al-Assad devraient être tous deux présents à Paris le 13 juillet . Nicolas Sarkozy en espère une percée diplomatique qui replacerait la France et l'Europe au coeur de la scène proche-orientale, même si un tête-à-tête Olmert-Assad semble pour l'heure difficile.
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