22.08.2008
55% des personnes interrogées estiment qu'"il faut retirer les troupes car la France s'enlise
Plus de la moitié des Français (55%) estiment qu'il faut retirer les troupes françaises d'Afghanistan, selon un sondage CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France à paraître vendredi.
55% des personnes interrogées estiment qu'"il faut retirer les troupes car la France s'enlise dans un conflit sur lequel elle n'a pas de prise", alors que 36% pensent qu"'il faut maintenir les troupes, car elles participent à la lutte contre le terrorisme international". 9% ne se prononcent pas. 48% des sondés font confiance au président Nicolas Sarkozy sur ce dossier, alors que 46% ne lui font pas confiance. 6% ne se prononcent pas.
Dix soldats français ont été tués dans une embuscade tendue lundi par les talibans en Afghanistan. Ce sondage a été réalisé par téléphone le 20 août auprès d'un échantillon national représentatif de 1003 personnes de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas. Notice détaillée disponible auprès de la commission nationale des sondages
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21.08.2008
Nicolas Sarkozy s'est entretenu avec les soldats du 8 ème RIMA .
Son avion en provenance de Nice atterri mercredi matin à Kaboul à 5 h 30, heure française, Nicolas Sarkozy, accompagné du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et du ministre de la Défense Hervé Morin, se rend en hélicoptère au camp de Warehouse, quartier général du commandement régional de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan. En arrivant, le président de la République se recueille dans la chapelle ardente où ont été disposés les cercueils des dix soldats français décédés . Puis il rencontre leurs camarades.
Alignés sous la fenêtre d'un bâtiment préfabriqué, sur la place d'armes du camp, les soldats français saluent un à un le chef de l'État, qui est aussi celui des armées. Certains militaires échangent quelques mots avec lui, d'autres se contentent d'une poignée de main. Le silence oppressant qui règne dans le quartier général des forces tricolores de l'Otan dans la capitale afghane n'est interrompu que par le sifflement assourdissant des avions qui atterrissent à l'aéroport, non loin de là. Nicolas Sarkozy prend la parole. "J'ai vu ces dix cercueils. Sur chacun d'entre eux, la photo de vos camarades. Et puis l'âge. 20 ans, 21 ans, 22 ans. La meilleure façon d'être fidèles à eux c'est de continuer, c'est de relever la tête, c'est d'agir en professionnels. J'en ai vu parmi vous qui pleuraient, je les comprends (...) Je vous ai dit que je partage votre douleur et ce ne sont pas des mots, sinon je ne serais pas là." Protégé par un écran d'hommes en civil lourdement armés, le Président se rend ensuite à l'hôpital de campagne qui a accueilli les blessés des combats de lundi.
Il s'est entretenu avec quelques-uns d'entre eux qui doivent être rapatriés mercredi en France . Malgré la climatisation qui tourne à plein régime, le climat est pesant. "Quand il arrive quelque chose, je m'en sens responsable" Après un long briefing du général français Michel Stollsteiner, commandant de la région militaire de Kaboul, Nicolas Sarkozy s'avance sur la place d'armes, écrasée de soleil et de poussière. Aux soldats français, il dit qu'il est venu s'associer à leur "peine indicible". Il exprime aussi sa responsabilité. "Les ordres qui vous sont donnés, c'est à moi de les assumer (...), quand il arrive quelque chose, je m'en sens responsable.
En effet, il est parfois pénible d'accepter des pertes humaines notammant en matière militaire, mais le risque zéro n'existe pas et les militaires en sont conscients. Notre mission doit continuer en Afghanistan et il ne serait illlégitime de retirer nos troupes en ce moment. Nous ne devons pas baisser la garde et nos troupes doivent combattre le terreau du terrorisme en Aghanistan.
Malgré les pertes de lundi, Nicolas Sarkozy défend aussi sa décision de renforcer le contingent français en Afghanistan, dénoncée par l'opposition de gauche française comme un "alignement" sur les États-Unis . "Je tenais à vous dire que le travail que vous faites ici, il est indispensable (...) Pourquoi on est ici ? Parce qu'ici se joue une partie de la liberté du monde. Ici se mène le combat contre le terrorisme. Je n'ai pas de doute, il faut être là. Moi aussi, j'étais sous le choc. Je vous dis en conscience que si c'était à refaire, je le referais. Pas la patrouille et l'enchaînement des événements, mais le choix qui m'a amené à confirmer le choix de mes prédécesseurs d'envoyer l'armée française ici", souligne-t-il.
"Ce qui s'est passé lundi justifie pleinement les renforts", abonde un conseiller, "l'opinion est consciente que la situation est difficile". Après une minute de silence, le Président prend congé de ses troupes. Direction le palais du président afghan Hamid Karzaï. Celui-ci présente alors à la France les "condoléances" du peuple afghan, dont il exprime la "douleur", à l'issue de son entrevue avec le président français. "La France est une amie sincère et un soutien important de l'Afghanistan et nous sommes profondément attristés et choqués", assure Hamid Karzaï avant d'expliquer que "la hausse des violences peut être directement attribuée à notre manque d'attention, le nôtre et celui de nos alliés, envers les sanctuaires, les centres d'entraînement et les ressources financières des terroristes et des talibans, et, à moins d'agir contre ces éléments, nous continuerons à souffrir", dans une nouvelle allusion au Pakistan voisin.
Les autorités afghanes accusent en effet Islamabad de ne pas faire suffisamment d'efforts pour empêcher des talibans afghans et des combattants d'Al-Qaeda de pénétrer en Afghanistan depuis les zones tribales pakistanaises. Environ 3.000 militaires français sont actuellement engagés en Afghanistan, au sein de l'Isaf, principalement à Kaboul et dans la province de Kapisa, au nord-est de la capitale. Nicolas Sarkozy a quitté Kaboul pour la France mercredi en fin de matinée.
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