03.12.2008
Le travail le dimanche,un sujet polémique.
Les réunions entre députés UMP n'auront finalement pas permis de trouver un compromis mardi sur la question du travail dominical. Malgré tous ses efforts, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Jean-François Copé n'aura pas obtenu l'accord tant espéré sur la proposition de loi du député Richard Mallié.
"Je voterai contre dans la mesure où on a pas obtenu grand-chose", explique l'un des chefs de file des "anti", le député UMP Marc Le Fur, qui a signé avec plus d'une cinquantaine de ses homologues non pas une mais deux tribunes sur la question. "Les gens pour seront cependant très largement majoritaires." Le ministre de la Défense et président du Nouveau Centre - dont certains députés ont signé les deux tribunes - Hervé Morin a indiqué mercredi que chaque parlementaire de son parti voterait "en fonction de sa conscience".
Preuve de confiance de la majorité, même si aucun compromis n'a été trouvé, la discussion dans l'hémicycle a été officiellement programmée mardi pour le 11 décembre. "C'est parce que les choses ont bien avancé la semaine dernière que, lorsque le gouvernement m'a consulté sur l'opportunité de l'inscrire, j'ai dit que je pensais que les conditions étaient réunies pour le faire. On a beaucoup débattu. Après, arrive le moment où il faut décider", a précisé Jean-François Copé à l'issue de la réunion du matin du groupe UMP. Selon plusieurs participants, il a fait amende honorable en reconnaissant avoir "mal mesuré" l'ampleur des divergences sur cette "question de société", qui n'oppose pas "les archaïques et les modernes". Des excuses qui font suite à l'annonce prématurée d'un "large accord", il y a deux semaines.
"Il y a une maladresse parce que ce n'est pas le travail du dimanche" qui est au coeur de cette proposition, a d'ailleurs insisté le président du groupe, Bernard Accoyer mardi soir sur France 2. "Au contraire, le texte commence par réaffirmer le principe du repos dominical", le reste, "ce sont des dérogations pour l'ouverture dans quatre grosses agglomérations de certains types de commerce, hors alimentation", a-t-il détaillé. Le repos du dimanche "primordial" pour 84 % de Français "Le texte est extrêmement restreint, on est arrivés à un stade d'équilibre sur un texte qui est d'abord technique et règle des problèmes précis, a renchérit Jean-François Copé. Ce n'est pas un texte philosophique, sur les valeurs."
Le proposition de loi Mallié devrait autoriser, sous certaines conditions (accord du maire...), l'ouverture des magasins le dimanche dans les zones touristiques et les agglomérations de plus d'un million d'habitants (Paris, Lyon, Marseille, Lille). C'est justement ce dernier point qui pose problème. "Nous souhaitions que le texte se limite aux situations de fait - Marseille et Paris - sans en créer d'autres, explique Marc Le Fur. Si le texte est adopté, le débat ne sera pas clos et sera renvoyé aux agglomérations." La réaffirmation du principe du repos dominical et l'interdiction de l'ouverture, "le dimanche après-midi", des grandes surfaces "comportant des commerces de produits alimentaires" n'auront pas non plus satisfait les "anti".
Ils auront pu se sentir conforter dans leur position par un sondage Ipsos/CFTC/Famille chrétienne/RCF/Radio Notre Dame, qui révèle mardi qu'une majorité de Français (84 %) considèrent comme "primordial et important" que le dimanche reste le jour de repos commun à la plupart des salariés. Sur la question du volontariat prévu dans le projet de loi, 63 % des sondés ne croient pas "qu'ils auront la possibilité de refuser de travailler le dimanche si l'employeur leur demande de venir ce jour-là", contre 35 % estimant le contraire.
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