05.11.2008

M. OBAMA TRES LARGEMENT ELU AUX ETATS-UNIS.

Le président élu Barack Obama va devoir agir vite pour rassurer une Amérique inquiète sur son avenir et qui a lui a donné un quasi blanc-seing mardi en l'élisant avec une majorité écrasante et en renforçant la domination démocrate au Congrès.

"Le changement est arrivé en Amérique", a annoncé M. Obama à ses partisans les appelant à faire preuve d'unité et de patience pour faire face aux défis qui attendent les Etats-Unis. "La route sera longue. Le chemin sera escarpé. Nous n'atteindrons peut-être pas notre but en un an, ou même en un mandat. Mais, Amérique, je n'ai jamais eu autant d'espoir que ce soir et nous y arriverons. Je vous le promets, nous les Américains y arriverons", a-t-il dit. Le président élu va hériter d'une situation économique extrêmement difficile.

Les Etats-Unis, et le monde dans leur sillage, traversent la plus grave crise financière depuis celle de 1929. Le pays est engagé dans deux guerres, en Irak et en Afghanistan. Quelque 152.000 soldats américains sont toujours déployés en Irak plus de cinq ans après l'invasion de ce pays et 32.000 soldats américains se trouvent en Afghanistan, six ans après le début de la guerre contre le terrorisme.

M. Obama avait gagné en partie l'investiture démocrate contre sa rivale Hillary Clinton en promettant de retirer les soldats américains d'Irak "de façon responsable" dans un délai de 16 mois et de nombreux démocrates l'attendent sur ce point. Avant même de prendre ses fonctions dans le bureau ovale de la Maison Blanche le 20 janvier prochain, M. Obama va devoir expliquer comment il compte relancer l'économie du pays et composer avec un déficit public proche de 500 milliards de dollars.

Durant la campagne, M. Obama a mis en place un groupe de conseillers économiques où se retrouvent les anciens secrétaires au Trésor clintoniens Robert Rubin et Lawrence Summers. Ce dernier est souvent cité pour reprendre ses fonctions. Le nom du président de la Réserve fédérale de l'Etat de New York, Tim Geithner, est parfois avancé ainsi que celui de l'ancien président de la Fed, Paul Volcker. M. Obama devra également imposer son autorité à un Congrès qui pourrait se montrer trop impatient.

C'est la première fois depuis 1992 que les démocrates contrôlent à la fois la Maison Blanche et le Congrès. M. Obama devra également prendre garde à ne pas décourager l'immense espoir qu'il a fait naître dans l'électorat. Selon des sondages effectués à la sortie des urnes, plus de la moitié des électeurs ont affirmé que l'économie était leur principal sujet de préoccupation et pour 93% des électeurs l'état de l'économie américaine n'est pas bon. M. Obama a obtenu la majorité des voix de ces électeurs inquiets. Le premier président noir de l'histoire des Etats-Unis peut se targuer d'avoir obtenu environ la moitié des voix de l'électorat blanc, la quasi totalité des voix de la communauté noire et les voix de deux Américains d'origine hispanique sur trois.

"A l'heure où nous célébrons la victoire ce soir, nous savons que les défis de demain sont les plus importants de notre existence -- deux guerres, une planète en péril, la plus grave crise financière depuis un siècle", a rappelé M. Obama. "Il y aura des revers et des faux départs.

Nombreux sont ceux qui ne seront pas d'accord avec chaque décision que je prendrai en tant que président et nous savons que le gouvernement ne peut résoudre tous les problèmes. Mais je serai toujours honnête avec vous quant aux défis auxquels nous sommes confrontés. Je vous écouterai, particulièrement lorsque nous serons en désaccord", a-t-il ajouté. Tous les indicateurs sont au rouge. Le taux de chômage atteint 6,1% et les prévisions pour l'an prochain sont pessimistes. Les consommateurs n'ont plus le moral. La crise immobilière n'est pas terminée. Les comptes de l'assurance-santé et de l'assurance-vieillesse sont plombés.

 M. Obama, 47 ans, n'a siégé au Sénat que deux ans avant d'être élu président.

23.10.2008

Rappel à l'ordre de J.françois Copé par le Président de la République.

 Devant les parlementaires de la majorité réunis à Matignon, François Fillon a sèchement contré le chef des députés UMP, Jean-François Copé : «Non, nous n’avons pas changé de République, nous sommes encore dans un système où c’est le gouvernement qui fait ses propositions et qui engage le débat avec le Parlement.» Entre les deux hommes, l’affrontement était programmé depuis la révision constitutionnelle de cet été qui, renforçant le pouvoir du Parlement, affaiblit le Premier ministre. Pour Copé, la réforme des collectivités territoriales était l’occasion de démontrer que, en instaurant l’ordre du jour partagé, la France a, de fait, «changé de régime».

Ce projet, absent du programme de Nicolas Sarkozy, Copé en revendique sa part de «coproducteur». Pas question, fait-il savoir, que cette réforme soit pilotée par un comité d’experts désigné par l’Elysée. Prenant de vitesse Edouard Balladur, il met en place, mi-octobre, un groupe de travail parlementaire puis tente d’imposer la présence de six de ses membres (4 UMP, 2 centristes) dans le comité Balladur. Exaspéré qu’on veuille lui forcer la main, l’ex-mentor de Sarkozy menace de tout laisser tomber. «Big-bang».

Mardi soir, c’est furieux que le chef de l’Etat arrive à la réunion de la majorité qui se tient à l’Elysée. En pleine crise financière internationale, on se chamaille pour des «problèmes d’ego».«On n’est pas dans la IVe mais dans la Ve République», lance-t-il aux parlementaires présents. Le rappel à l’ordre est clair : le Président décide, aux parlementaires d’obéir. A Copé qui milite pour que soit annoncé sans délai le report des élections régionales de 2010, Nicolas Sarkozy réplique qu’il n’en est pas question… Sauf si le comité Balladur recommande un «big-bang» territorial. Une hypothèse peu probable, à en juger par les prudentes déclarations de l’ancien Premier ministre sur «une réforme de longue haleine, qui ne va pas sans risques politiques».

Jean-François Copé rappelle alors au chef de l’Etat qu’il avait lui-même, fin septembre, encouragé ses troupes à s’emparer de la réforme des collectivités territoriales comme de celle de la formation professionnelle. «Les engagements seront tenus», finit par concéder Sarkozy. Une phrase que ses interlocuteurs prennent pour un blanc-seing. Hier, deux heures avant l’installation du comité, l’Elysée téléphone à Jean-François Copé pour l’informer que les centristes n’en seront pas. De fait, pour ne pas avoir à arbitrer brutalement entre Copé et Balladur, Sarkozy officialise une liste dans laquelle ne figurent que quatre parlementaires : le sénateur Pierre Mauroy et le député André Vallini pour le PS, le député Dominique Perben et le sénateur Gérard Longuet pour l’UMP.

Fureur de Copé qui décroche son téléphone pour joindre Sarkozy et lui faire valoir qu’une absence des centristes plombe d’entrée la réforme. Une fusion des départements et des régions suppose en effet de modifier la Constitution. Or, depuis les élections sénatoriales de septembre, l’UMP n’a même plus la majorité au Sénat sans le soutien du groupe Union centriste. «Le projet de loi viendra d’abord au Sénat, c’est la Constitution qui le veut. On sera libre», confirme, patelin, le sénateur centriste Michel Mercier. Comprenant que la manœuvre peut faire douter de sa volonté de réforme, le chef de l’Etat promet à Copé que la liste sera complétée dans un second décret.

Mais le doute est instillé. «La réalité, c’est que Sarkozy n’a pas envie de cette réforme tout de suite, confie un responsable UMP. On va faire du cosmétique, de la clarification de compétences, peut-être quelques expérimentations.» Difficile d’aller plus loin sans décaler concomitamment les régionales de 2010 à 2011.Or, de l’avis du même, «pour l’Elysée, c’est clair : il vaut mieux prendre une baffe aux régionales de 2010 qu’une branlée en 2011 qui pourrait casser la dynamique de la campagne présidentielle de 2012.» L’entourage de Copé, lui, sauve la face : «On aura démontré que ce n’est pas le Parlement qui freine les réformes, c’est l’exécutif.»

09.09.2008

L'Armée Russe doit se retirer de la Géorgie.

Nicolas Sarkozy, Mikheïl Saakachvili et José Manuel Barroso (AP) Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso ont réitéré dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 septembre leur soutien au président géorgien Mikheïl Saakachvili dans la crise qui oppose son pays à la Russie.

Celui-ci a annoncé la tenue en octobre d'une conférence pour l'aide à son pays. Le président français, qui préside l'Union européenne, et le président de la commission européenne, ont été reçus à Tbilissi, la capitale géorgienne. Zone de libre-échange "La Géorgie peut compter sur la solidarité et l'engagement déterminé de l'Union européenne dans ces heures difficiles.

 L'Union européenne et ses 27 Etats membres, ses institutions, parlent et agissent d'une façon ferme, unie", a déclaré José Manuel Barroso lors d'une conférence de presse commune. "Je tiens à vous assurer que l'Union européenne est aussi prête à approfondir les relations politiques et économiques avec la Géorgie (...) notamment avec création d'une zone de libre-échange, la facilitation d'attribution des visas de courte durée et aussi un accord de préadmission", a-t-il poursuivi. "Nous préparons une conférence internationale des donateurs", a également indiqué le président de la Commission de l'UE. Conférence des donateurs "Un sommet aura lieu ici en octobre" avec la participation notamment du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), a précisé plus tard Mikheïl Saakachvili. "Nous continuerons à soutenir la Géorgie et préparerons une rencontre en Géorgie des principaux pays qui veulent soutenir la Géorgie pour son redressement, qui précèdera une conférence pour mobiliser tous les donateurs", avait auparavant indiqué Nicolas Sarkozy. L'UE s'était engagé le 1er septembre lors d'un Conseil européen à Bruxelles à organiser une conférence des donateurs pour la reconstruction de la Géorgie.

Accord avec Moscou Faisant le bilan de l'accord signé dans l'après-midi à Moscou avec le président russe Dmitri Medvedev, le président Sarkozy a précisé que les 200 observateurs que doit envoyer l'UE en Géorgie avant le 1er octobre pourraient entrer en Abkhazie et en Ossétie du Sud. "Que ça soit pour l'Ossétie comme l'Abkhazie, c'est dans le cadre des mandats de l'OSCE et de la Monug (la Mission des Nations unies en Géorgie, ndlr) que ces observateurs européens seront déployés", a-t-il dit. "L'esprit du texte, c'est qu'ils ont vocation à entrer (en Abkhazie et en Ossétie du Sud) pour observer, pour raconter et pour éviter que les mêmes causes produisent les mêmes effets", a-t-il ajouté. Le président en exercice de l'Union européenne a également déclaré que si les forces russes ne s'étaient pas retirées d'ici au 15 octobre de Géorgie, hors Ossétie et Abkhazie, l'UE en "tirerait les conséquences". "Le 15 octobre, il ne doit pas y avoir un seul soldat russe qui soit sur des positions qui n'étaient pas celles où (les troupes) se trouvaient avant le 7 août. Soit c'est fait et dans ce cas là chacun a respecté sa parole.

Soit ce n'est pas fait et alors cinq jours plus tard, l'Europe en tirera les conséquences", a déclaré Nicolas Sarkozy. Le président Saakachvili a pour sa part répété que toute solution au conflit russo-géorgien devait respecter l'intégrité territoriale de la Géorgie. Il a également confirmé qu'il avait signé une lettre dans laquelle il réitère "son engagement à respecter l'accord" du mois d'août qui exclut le recours à la force, condition posée par Moscou par un retrait de ses troupes du territoire géorgien.