13.06.2008

L'irlande dit "Non" au traité de Lisbonnne.

Cela ne sera officiel qu'en fin d'après-midi à la fin du dépouillement et du décompte. Mais, dès 13h30, heure française, le gouvernement irlandais a anticipé une défaite du "oui" au référendum sur le Traité de Lisbonne. "Ce sera apparemment un vote 'non'", a déclaré en direct à la tlévision Dermot Ahern, le ministre irlandais de la Justice .

"En fin de compte, et pour une kyrielle de raisons, le peuple a parlé", a-t-il ajouté. Un peu plus tard, les médias ont indiqué que le "non", qui aurait gagné dans 37 des 43 circonscriptions du pays, aurait au total obtenu 55% des voix. Sur les 27 Etats de l'Union européenne, l'Irlande est le seul à recourir au référendum -il est obligatoire pour tout sujet amendant la Constitution irlandaise-, ce qui signifie qu'un pays représentant moins de 1% des 490 millions d'habitants de l'UE pourrait faire capoter un texte visant à réformer l'organisation du bloc communautaire. Le nouveau texte, censé remplacer le projet de constitution rejeté par référendum en 2005 par la France et les Pays-Bas, doit en effet être approuvé par la totalité des 27 Etats membres pour entrer en vigueur.

En attendant le résultat définitif, le Royaume-Uni a prévenu qu'il maintiendrait son processus de ratification parlementaire, même si l'Irlande vote non. Invité jeudi soir sur France 2, François Fillon a pour sa part estimé qu'il n'y aurait "plus de traité de Lisbonne" en cas de rejet du texte par les Irlandais, "sauf à reprendre le dialogue avec le peuple irlandais".

24.05.2008

L'Union de la méditerranée,une chance pour l'Europe.

L'Union pour la Méditerranée, une chance pour l'Europe Benita Ferrero-Waldner, la commissaire européenne aux Relations extérieures affirme la détermination de l'Europe à porter l'initiative de l'Union pour la Méditerranée. Berceau des trois religions monothéistes, creuset de civilisations et de cultures, de migrations et d'échanges, la Méditerranée a une histoire indissociable de celle de l'Europe.

Le bassin méditerranéen est la charnière du Nord et du Sud, de l'Orient et de l'Occident. À la confluence de trois continents, il est plus qu'une simple frontière pour l'Union européenne. La stabilité de cette région est essentielle tant pour notre sécurité et notre prospérité que pour celles de nos voisins et amis méditerranéens.

 L'Union européenne a fait le choix de se rapprocher de la Méditerranée. Le processus de Barcelone, qui, depuis son lancement en 1995, rapproche tous les États membres de l'Union européenne des treize États partenaires du Sud dans une coopération multilatérale, et la politique européenne de voisinage, qui renforce la coopération bilatérale avec ces pays depuis 2002, marquent notre effort pour la paix, la prospérité et le dialogue dans la région.

Le mérite revient à la France d'avoir proposé une nouvelle dimension à la coopération en Méditerranée. Sur cette base, le Conseil européen a invité la Commission à redéfinir les modalités du processus de Barcelone pour une Union pour la Méditerranée. La Commission y travaille activement. Le processus de Barcelone nous a permis d'aborder de nombreuses questions régionales stratégiques. Beaucoup a été accompli, mais de nombreux défis communs demeurent, notamment la sécurité, la protection de l'environnement, la pérennité des approvisionnements énergétiques, la lutte contre la criminalité organisée, la maîtrise des flux migratoires et le dialogue interculturel. Au-delà de cette coopération avec nos voisins méditerranéens, c'est la compréhension de l'autre et de ses intérêts, le respect mais aussi la confiance mutuelle qu'il faut renforcer et que je recherche dans mes fonctions de commissaire européenne aux Relations extérieures. Le processus de Barcelone a malheureusement souffert de la persistance des conflits au sud de la Méditerranée et, parfois, du manque de coopération entre les États partenaires.

Mais une évolution positive est à l'œuvre. Je l'ai constatée au cours de mes récents déplacements dans la région. Le moment est venu de tirer profit d'une volonté politique renouvelée pour insuffler un nouvel élan à notre coopération et la rendre plus équilibrée et plus proche de nos concitoyens. L'Union pour la Méditerranée est une ambition politique renouvelée qui s'appuiera sur des projets concrets. Elle n'est ni une alternative à l'élargissement, ni une perspective d'adhésion. Elle apportera en revanche un triple élan au processus de Barcelone. Tout d'abord par le renforcement de la dimension politique des relations entre l'Union européenne et ses partenaires méditerranéens.

L'Europe doit parler d'une seule voix et au plus haut niveau sur des questions aussi stratégiques. Ensuite, par un rééquilibrage et un meilleur partage des responsabilités dans nos relations multilatérales. L'Europe doit en assurer la gestion avec ses partenaires méditerranéens. La coprésidence par un pays du Sud et un pays de l'Union sera le gage de l'équilibre de notre coopération et facilitera l'adhésion de l'ensemble des acteurs à ces objectifs. Il faut enfin, comme le disait Robert Schuman, des projets concrets «créant d'abord une solidarité de fait». C'est la qualité des projets menés ensemble qui garantira le succès de l'initiative. C'est elle qui permettra aux citoyens de ressentir la force des liens qui unissent les deux rives de la Méditerranée. En tant que commissaire en charge de cette région, je souhaiterais ainsi promouvoir les autoroutes de la mer, l'interconnexion de l'autoroute du Maghreb arabe, la promotion de l'énergie solaire et la dépollution de la Méditerranée. Ce sont des projets qui auront un effet structurant pour la région, et qui permettront d'intégrer les acteurs non étatiques, la société civile et les entreprises. L'Europe doit être un levier, les capitaux privés un relais.

 La Commission européenne compte porter ces projets lors du sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée à Paris, le 13 juillet prochain. Fernand Braudel disait déjà que «la Méditerranée est un carrefour, non pas une civilisation, mais plusieurs civilisations superposées. Tout conflue vers cette mer, bouleversant et enrichissant son histoire». Berceau de l'Europe, le bassin méditerranéen est aujourd'hui son avenir.C'est donc avec espoir et détermination que la Commission européenne porte l'initiative d'Union pour la Méditerranée.

23.05.2008

L'Union de la Méditerranée

Monde Cinq projets phares pour l'Union pour la Méditerranée Par Yves Clarisse STRASBOURG (Reuters)

Autoroute du Maghreb, dépollution de la Méditerranée, développement de l'énergie solaire ou coopération en matière de protection civile contre les catastrophes: la Commission européenne propose cinq projets phares pour lancer l'Union pour la Méditerranée (UPM). L'exécutif européen, qui a présenté des propositions censées être approuvées par le sommet fondateur de l'UPM, le 13 juillet prochain à Paris, n'est toutefois pas sur la même longueur d'ondes que la France, à l'origine de l'initiative, sur son pilotage. Les principaux problèmes politiques qui divisaient profondément les Vingt-Sept ont été plus ou moins réglés au prix d'une révision à la baisse des ambitions françaises. La France voulait initialement limiter le périmètre de l'UPM aux seuls 22 pays strictement riverains de la Méditerranée, plus le Portugal, la Jordanie et la Mauritanie, ce qui avait suscité la colère de l'Allemagne, qui évoquait une division de l'UE.

Le "processus de Barcelone" entamé en 1995 entre l'UE et les pays de la Méditerranée, qui a déjà permis de signer des accords de libre-échange avec des pays comme la Tunisie, aurait été affaibli par ce projet qui prévoyait aussi de siphonner les fonds communautaires - 4,6 milliards d'euros de 2000 à 2006. L'appellation choisie - "Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée" - illustre à elle seule les contorsions qui ont été nécessaires pour parvenir à un compromis qui maintienne l'acquis tout en donnant une impulsion à un processus dormant. AUTOROUTE NOUAKCHOTT-TRIPOLI L'accord s'est fait selon cinq axes: accent sur la parité Nord-Sud, valeur ajoutée par rapport à Barcelone, participation de tous, coopération régionale, concentration de l'initiative sur des projets concrets et appel à des fonds privés. Les cinq projets présélectionnés mardi répondent à ce souci de réunir 39 pays où habitent 700 millions d'habitants.

 La création d'une autoroute du Maghreb arabe (AMA) reliant la Mauritanie, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et la Libye est déjà bien avancée sur une base nationale, mais il faudra connecter les réseaux et la Commission insiste sur le fait que, sans libéralisation des échanges, elle servira peu. L'AMA est surtout susceptible d'attirer des capitaux privés grâce à des péages, d'où l'intérêt pour le projet. Les autoroutes de la mer, des trajets balisés et reliés à des infrastructures portuaires modernes, est un véritable projet Nord-Sud, pour assurer la fluidité du commerce. Le projet de dépollution de la Méditerranée à l'horizon 2020 fait quant à lui l'objet d'un plan depuis 2006, mais l'UPM constitue un stimulant pour accélérer la résolution d'un problème grave, la plupart des eaux usées finissant sans traitement dans la mer.

L'idée du plan solaire méditerranéen est de développer une énergie qui serait ensuite importée par l'Union européenne. Enfin, la coopération dans le domaine de la protection civile est le seul projet qui n'est pas susceptible d'attirer des investissements privés, mais il permettra de mieux lutter contre des fléaux provoqués par le réchauffement climatique. Les autres projets en cours, comme la création d'une zone de libre-échange euro-méditerranéenne d'ici à 2010 ou la promotion de l'éducation, sont bien entendu maintenus pour permettre au Sud de la Méditerranée de tirer profit du marché européen.

L'autre grande innovation de l'UPM est institutionnelle. La Commission, qui a beaucoup à perdre dans l'exercice, dans la mesure où le pilotage du processus par des sommets tous les deux ans et un secrétariat impliquant le Nord et le Sud, risque de lui échapper, entend marquer son territoire. Ainsi, les Vingt-Sept ont-ils décidé que l'UPM serait pilotée par deux co-présidents, un du Sud et un du Nord.

Pour le Sud de la Méditerranée, la Commission ne conteste par qu'il devra s'agir d'un chef d'Etat en exercice et la France promeut la candidature du président égyptien Hosni Moubarak. Mais du côté européen, elle rappelle qu'à partir de l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le 1er janvier 2009, les relations extérieures de l'UE seront assumées par le président du Conseil européen et le président de la Commission. Nicolas Sarkozy présidera donc le premier sommet mais il cèderait la place à ce duo alors qu'il voulait qu'un pays riverain du Nord de la Méditerranée soit co-président. La localisation du secrétariat qui sera chargé de piloter l'UPM n'est pas précisée - la France pense à Tunis mais Malte et le Maroc sont également candidats - et la Commission veut lui adjoindre un "comité de direction" composé de représentants du Sud et du Nord qui serait, lui, basé à Bruxelles.

Des interrogations subsistent aussi sur la participation des pays du Sud de la Méditerranée au premier sommet. Si l'Egypte, la Jordanie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, l'Algérie, l'Autorité palestinienne, le Liban, la Turquie, la Libye devraient en être, la participation d'Israël risque de réduire cette liste et la Syrie pourrait être absente. Il s'agit là d'un avant-goût de ce qui risque de se passer lors des sommets de l'UPM qui se dérouleront tous les deux ans: pourront-ils adopter une déclaration politique commune, comme c'est prévu, si le conflit israélo-palestinien persiste?